Acétamipride et flupyradifurone : réintroduction de deux pesticides interdits
L’Assemblée nationale a adopté un texte permettant, sous certaines conditions, la réintroduction de deux pesticides interdits : l’acétamipride et le flupyradifurone. Ce texte, qui doit être voté au Sénat, stipule que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pourra, à la demande du ministre de l’Agriculture, accorder des dérogations à l’interdiction de ces substances dans un délai de deux mois et à titre exceptionnel.
Ces dérogations seront possibles uniquement en l’absence de solutions alternatives et si l’utilisation des pesticides n’engendre pas de risques significatifs pour la santé humaine ou l’environnement. Une fois l’autorisation de l’Anses obtenue, les producteurs pourront demander une dérogation temporaire de 120 jours, tandis que les fabricants pourront solliciter une autorisation de mise sur le marché temporaire d’un an, renouvelable deux fois.
Le flupyradifurone sera accessible sous forme de semences enrobées pour la betterave sucrière et en pulvérisation pour la cerise et la pomme. L’acétamipride, quant à lui, sera autorisé en pulvérisation pour les producteurs de noisettes, sous condition d’utiliser les meilleures techniques pour réduire la dérive du produit dans l’air et l’eau. Bien que l’acétamipride ait été interdit en France en 2018, il reste autorisé dans l’Union européenne jusqu’en 2033, avec des doses réduites ces dernières années. Le flupyradifurone est quant à lui autorisé jusqu’en 2029 dans l’UE.
Les préoccupations autour de cette réintroduction sont nombreuses. L’ONG Générations futures souligne que la procédure de réexamen anticipé de cet insecticide est actuellement à l’arrêt, suite à une réévaluation en 2023 par la Grèce, concluant à un risque inacceptable pour les abeilles solitaires.
Pourquoi le rôle de l’Anses et le délai font débat ?
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a affirmé que cela ne constituait pas un rétablissement de l’acétamipride, insistant sur le fait que la décision d’autoriser ou non ces produits doit être fondée sur des considérations scientifiques. Cependant, des ONG et des membres de la gauche critiquent les délais accordés, craignant que l’Anses ne soit sous pression politique.
Y a-t-il un risque de cen du Conseil constitutionnel ?
En août 2025, le Conseil constitutionnel avait censuré une précédente tentative de réintroduction de l’acétamipride, jugeant qu’elle manquait d’encadrement suffisant et était contraire à la Charte de l’environnement. Le sénateur Laurent Duplomb, à l’origine de cette nouvelle réintroduction, affirme que le cadre temporel et la précision des filières concernées répondent aux préoccupations soulevées par le Conseil.
Source : Assemblée nationale, Générations futures.
