Le nombre de personnes participant à des mes de réadaptation de l’Assurance-invalidité (AI) ne cesse d’augmenter en Suisse. Pour ces personnes, retrouver une activité professionnelle peut constituer une étape importante de leur rétablissement.
Claire-Lise, aujourd’hui assistante administrative à 50% à la crèche L’Arche de Noé à Yverdon-les-Bains, témoigne : « Il faut du temps pour se retrouver. On reprend confiance, ça nous redonne aussi du courage ». Après un burn-out dans son précédent emploi, elle a sollicité l’AI et a suivi une période de réinsertion professionnelle. Pendant six mois, elle a travaillé dans un atelier de poterie pour se réhabituer au rythme professionnel. Son taux d’activité a progressivement augmenté, démarrant à 20% et atteignant 50%. « Mon optique, c’était vraiment qu’un stage, je ne voyais pas plus loin », confie-t-elle.
Un stage qui ne doit pas remplacer un vrai poste
La recherche d’une entreprise pour l’accueillir n’a pas été simple. Claire-Lise a finalement intégré L’Arche de Noé, où d’autres bénéficiaires de l’AI avaient déjà été réinsérés. Loriane Duciel Collomb, responsable RH de la crèche, insiste sur le fait que ces stages doivent être des postes en surnuméraire, et non un moyen de combler un manque de personnel. « Le risque, pour une entreprise qui est un peu serrée, c’est de se dire: on fait ça et ça nous fait une personne de plus à moindres frais », explique-t-elle.
Restaurer progressivement la confiance en soi
Pour Claire-Lise, les étapes de son retour au travail ont été planifiées. Ses progrès ont été visualisés afin de lui montrer ses accomplissements. Loriane Duciel Collomb souligne que cet accompagnement est crucial pour gérer de nouvelles situations de stress. L’AI propose également du coaching, avec des échanges réguliers entre le bénéficiaire, le coach et l’employeur, et peut adapter le poste de travail en fonction des besoins.
Moins de stigmatisation
Arnaud Métral, responsable adjoint du service entreprise au sein de l’AI pour le canton de Vaud, précise que la durée de l’accompagnement peut varier de six mois à plusieurs années, selon les cas. Plus de 60% des personnes ayant recours à l’AI parviennent à conserver leur poste. Cette augmentation du nombre de bénéficiaires est liée à une diminution de la stigmatisation entourant ces démarches, permettant des interventions plus rapides et augmentant ainsi les chances de retour au travail.
« Petit à petit, on se ressent de nouveau des capacités »
Pour Claire-Lise, le chemin a conduit à un emploi stable. Engagée en août 2025, elle travaille à 50%, un taux qui lui permet de progresser. « Petit à petit, on se ressent de nouveau des capacités à vouloir retravailler », se réjouit-elle.
Dominique Choffat/hkr

