Réindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable

Réindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable

Le groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management, s’est réuni le 10 juin pour son dernier atelier sur la réindustrialisation. Les discussions ont porté sur la nécessité de reconstruire des capacités productives en Europe tout en respectant les exigences de durabilité.

Les intervenants ont souligné que la réindustrialisation ne doit pas être vue comme une opposition entre grands groupes et PME. Cédric Verpeaux, Directeur adjoint du Département Souverainetés de la Banque des Territoires, a affirmé que le sujet se joue dans le tissu industriel local, où l’accent est mis sur le financement de l’immobilier et des infrastructures locales.

Les PME, souvent invisibles et non cotées, jouent un rôle crucial dans les chaînes de valeur. Elles sont parfois essentielles à la production des grands donneurs d’ordre. Caroline Gauthier, Co-Head of Equities chez Edmond de Rothschild, a également noté que ces entreprises doivent rester au centre de l’analyse, aux côtés des grands projets industriels.

Cependant, le financement de ces entreprises reste un défi. Leurs besoins, tels que l’acquisition de machines ou l’agrandissement d’espaces, sont souvent modestes et ne bénéficient pas toujours de subventions. Caroline Gauthier a évoqué l’importance du private equity pour ces entreprises non cotées, permettant une transition vers des financements boursiers à me qu’elles grandissent.

Benjamin Rousseau, Gérant small & mid caps Europe chez Edmond de Rothschild, a souligné la nécessité d’une politique industrielle visant à réduire les dépendances. Il a précisé que les investisseurs ne peuvent réussir la relocalisation sans une volonté politique forte.

L’immobilier industriel a été identifié comme un levier stratégique. Alexis Mignonac, Deputy CEO d’Edmond de Rothschild REIM France, a rappelé que tout projet de production nécessite un bien immobilier. La synchronisation des besoins entre grands groupes et PME est essentielle, car leurs cycles ne coïncident pas toujours.

La logistique, le foncier et les compétences sont également des prérequis pour le retour industriel. Cédric Verpeaux a insisté sur l’importance du foncier et de la formation pour redévelopper l’industrie. Les métiers évoluent, et la main-d’œuvre requiert des compétences plus qualifiées.

Les discussions ont également mis en lumière que la durabilité est devenue un facteur de robustesse. Les crises récentes ont révélé les limites d’une organisation trop optimisée. Eric de Tessières a noté que relocaliser peut coûter plus cher mais être moins risqué et plus efficace à long terme.

Enfin, la réindustrialisation ne doit pas être perçue comme un retour en arrière, mais comme une opportunité de construire les capacités productives de demain. Eric de Tessières a affirmé que la vraie question est de savoir comment construire les biens de demain plutôt que de récupérer ceux envoyés ailleurs. La croissance des entreprises sera essentielle pour créer un développement industriel européen plus robuste et durable.

Source : Edmond de Rothschild Asset Management.

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