Réforme de la gouvernance du Mont-Saint-Michel, le Centre des monuments nationaux écarté – franceinfo

Réforme de la gouvernance du Mont-Saint-Michel : le Centre des monuments nationaux écarté

Cette décision met fin à plusieurs années de gestion bicéphale entre le Centre des monuments nationaux et l’établissement public national du Mont-Saint-Michel.

Matignon a annoncé, mercredi 17 juin, une réforme de la gouvernance du Mont-Saint-Michel, évinçant le Centre des monuments nationaux (CMN), qui gérait jusqu’à présent l’abbaye de ce joyau de la Manche. Cette décision a été jugée contraire à « l’intérêt général » par les syndicats. Désormais, l’ensemble du site sera géré par une seule entité, l’établissement public national du Mont-Saint-Michel (EPMSM), comme le souhaitaient des élus normands, dont le président de la région Normandie, Hervé Morin.

Cette réforme met un terme à plusieurs années de gestion partagée entre le CMN et l’EPMSM, qui était responsable des abords de ce site touristique, le plus visité de France hors Île-de-France, attirant trois millions de visiteurs par an. L’objectif affiché est de « permettre une meilleure gestion au quotidien », selon Matignon.

En 2025, la Cour des comptes avait critiqué cette gestion bicéphale, soulignant qu’elle nuisait à « la construction d’une politique touristique et culturelle d’ensemble ainsi qu’à l’amélioration des recettes ». Le rapport indiquait également que cette gouvernance entravait « la nécessaire réduction des coûts » en raison de doublons dans les missions.

Les syndicats craignent que le CMN perde des recettes provenant des entrées de l’abbaye et des financements publics nécessaires à l’entretien du site, essentiels pour financer d’autres monuments. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis une réforme visant à une gestion unifiée tout en préservant l’équilibre financier du CMN.

Cependant, les syndicats dénoncent un choix « honteux et irresponsable », redoutant que les compensations financières ne soient pas suffisantes. Ils ont appelé à la grève, avec un rassemblement prévu devant le siège de l’établissement public à Paris.

Les organisations syndicales, dont la CGT, la CFDT et Sud Solidaires, ont averti que cette décision rompt avec une conception nationale du patrimoine et constitue une véritable mise à mort du Centre des monuments nationaux. Jean-Elie Strappini, co-secrétaire général du syndicat CGT du CMN, a déclaré que le CMN perdrait l’un de ses principaux contributeurs, qui génère entre 6 et 7 millions d’euros de bénéfices grâce à l’exploitation de l’abbaye.

Source : Franceinfo

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *