Produits « Nutri-Score » : premier recul historique des parts de marché en 2025

Nutri-Score : premier recul historique des parts de marché en 2025

Pour la première fois depuis 2017, les produits arborant le Nutri-Score perdent des parts de marché, passant de 64% à 63% malgré 85 nouvelles entreprises engagées. Le retrait de Danone et Kellogg’s révèle une redistribution profonde du marché alimentaire français, où les marques de distributeurs prennent l’ascendant sur les groupes industriels.

Les chiffres qui comptent : 85 nouvelles entreprises, mais un marché qui se rétracte

L’Observatoire de l’alimentation (Oqali) a révélé dans son bilan 2025 que la part de marché des produits arborant le logo coloré régresse de 64% à 63% entre 2024 et 2025. En juin 2025, 1.462 entreprises affichent leur engagement, contre 1.377 un an plus tôt. Cependant, le volume global de produits étiquetés recule pour la première fois. Cette situation est en grande partie due à l’entrée de PME et d’acteurs de niche, dont le poids commercial reste limité face aux grandes entreprises de l’industrie.

Nutri-Score : plus d’acteurs, mais moins de parts de marché

L’Oqali identifie 20 secteurs sur 29 où les marques nationales engagées perdent du terrain, notamment dans les céréales du petit-déjeuner et les produits laitiers. Le retrait de Kellogg’s après une révision algorithmique en mars 2025, ainsi que le désengagement de Danone sur ses yaourts, entraîne des effets systémiques qui inversent la courbe d’adoption globale. Les données d’achats de 2022 servent de base aux estimations 2023-2025, suggérant que le recul pourrait s’amplifier à l’avenir.

Les marques de distributeurs, les vraies gagnantes

Derrière ce recul global, les marques de distributeurs (MDD) augmentent leur part de marché, représentant désormais 32 des 63 points de part de marché engagés. Leur taux d’adoption frôle les 100%, qu’il s’agisse de gammes d’entrée de prix ou premium. Cette fidélité contraste avec la volatilité des groupes industriels, qui peinent à s’adapter. Les enseignes à dominante marques propres affichent un engagement de 70%, tandis que les distributeurs spécialisés atteignent 65%.

Marques nationales en repli : de 39% à 37% d’engagement

Les marques nationales représentent désormais seulement 20% des parts de marché engagées, avec un taux d’adoption passant de 39% à 37% en un an. Plusieurs groupes préfèrent retirer l’affichage plutôt que d’assumer une dégradation de notation. Le géant laitier Lactalis n’a jamais adopté le Nutri-Score, ce qui pèse lourd dans un secteur dominé par quelques grandes entreprises.

Secteurs sinistrés : céréales et produits laitiers

Les céréales du petit-déjeuner perdent 6 points de parts de marché pour les marques nationales, tandis que les produits laitiers subissent un recul similaire. Malgré des taux de couverture élevés, la dynamique de ces catégories s’inverse. En revanche, d’autres segments comme les plats cuisinés surgelés et les conserves de fruits affichent des taux de couverture respectifs de 88% et 92%.

L’absence comme stratégie commerciale

Certains groupes choisissent de ne pas s’engager dans le Nutri-Score pour renforcer leur positionnement. Lactalis mise sur d’autres leviers de valorisation, tandis que Kellogg’s a discrètement quitté le dispositif. Danone adopte une approche sélective, maintenant le Nutri-Score sur certaines références tout en le retirant d’autres.

Quel modèle économique à long terme pour le Nutri-Score ?

Huit ans après son lancement, le caractère volontaire du Nutri-Score montre ses limites. Les tentatives récentes d’imposer l’obligation ont échoué, laissant le système vulnérable aux stratégies des acteurs. L’Oqali souligne que les marques nationales pourraient être le principal levier de croissance futur, mais leur réticence face à l’engagement complique la situation. La révision algorithmique de mars 2025 a durci les critères, fragilisant l’adhésion des industriels.

La bataille du Nutri-Score se joue désormais sur le terrain de la réallocation des parts de marché entre distributeurs et industriels, avec les MDD transformant l’étiquetage en avantage concurrentiel structurel.

Source : Oqali

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