Ces chercheurs critiquent le numérique. et se voient accusés d’être à la solde d’une entreprise chinoise

Accusations de fraude et d’ingérence étrangère à l’Université Grenoble Alpes

Achille Baucher, doctorant en mathématiques, n’a pas pu soutenir sa thèse intitulée « Désescalade numérique : recherche-action au sein de l’écosystème grenoblois » le 1er juin. Ce manuscrit, qui critique le déferlement numérique, a suscité un débat au-delà de l’université. Son format atypique, sans formules mathématiques, a été perçu comme une forme de « subversion ».

L’affaire a pris une tournure judiciaire lorsque l’Université Grenoble Alpes (UGA) a annoncé, le 9 juin, avoir saisi le procureur de la République pour « fraude présumée au financement », « ingérence étrangère » et « possible conflit d’intérêts ». L’université a affirmé que l’intitulé de la thèse avait été choisi pour obtenir un financement interne et qu’une partie significative du financement provenait d’une entreprise étrangère, impliquée dans des faits d’ingérence en France.

Les accusations visent également Romain Couillet, directeur de thèse, soupçonné d’être lié à l’entreprise chinoise Huawei. Contactée, la présidence de l’université n’a pas fourni d’éléments supplémentaires pour étayer ces allégations.

Baucher et Couillet ont rejeté ces accusations, le premier ayant déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Ils affirment que leurs travaux sur la critique du numérique dérangent, et que les financements reçus étaient conformes aux normes de cofinancement en recherche.

Plusieurs collectifs, tels que les Scientifiques en rébellion, ont dénoncé une tentative d’intimidation et appelé à un audit des contrats de recherche de l’université. L’association UGA en commun a également critiqué la gestion de cette affaire, s’interrogeant sur la découverte tardive de l’irrecevabilité de la thèse.

Au sein de l’université, la situation a soulevé des préoccupations concernant le climat démocratique, avec des critiques sur l’autoritarisme de la direction. La démission récente du vice-président, David Déchenaud, souligne les tensions internes.

La question de l’avenir de la thèse de Baucher demeure incertaine, avec des implications pour le débat sur l’impact croissant du numérique dans nos vies.

Source : Reporterre

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