Situation au Niger : qu’en pensent les Nigériens au Mali ?
Issia Harouna, originaire de la région de Tahoua au Niger, vit au Mali depuis plus de 30 ans. Il fait régulièrement la navette entre Bamako et sa région natale, où résident sa famille et ses épouses. Le quinquagénaire, qui tient un kiosque de chéchias musulmanes à Bamako, a ressenti une grande anxiété lors de la mutinerie du 29 août dernier. Il exprime ses craintes : « Si un seul pays de l’AES tombe, ce sera vraiment une mauvaise nouvelle pour nous. Nous prions pour que le Mali, le Niger et le Burkina Faso restent soudés. » Harouna souligne la difficulté de vivre dans des pays en guerre, appelant à l’apaisement.
Moussa, un tiktokeur nigérien vivant au Mali depuis 2000, s’inquiète également de la situation sécuritaire. Il note que la base 101 de l’armée de l’air, située à l’aéroport de Niamey, est fréquemment ciblée par des attaques. Il s’interroge sur des enjeux cachés derrière ces attaques, insinuant que le président Tiani pourrait dissimuler des informations cruciales liées à la France.
Aliou Mamoudou, artisan nigéro-malien, partage une vision différente. Né à Bamako de parents nigériens, il est convaincu que les pays du Sahel doivent trouver des solutions par eux-mêmes, sans intervention étrangère. « Nous voulons que nos États s’en sortent par eux-mêmes, sans que les autres pays ne viennent nous déranger dans notre quête quotidienne du développement », affirme-t-il.
À Bamako, la communauté nigérienne est majoritairement active dans l’économie informelle, notamment dans des secteurs comme la pharmacopée traditionnelle, l’artisanat et le commerce de rue.
Cette situation met en lumière les préoccupations des Nigériens vivant au Mali face à l’instabilité dans leur pays d’origine, tout en illustrant un désir commun d’autonomie et de paix.
Source : Deutsche Welle

