Retrait du Tchad de la CPI : Réactions et Implications
Au Tchad, les réactions fusent après l’annonce du retrait du pays de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision pourrait entraîner l’archivage de dossiers liés à des crimes présumés attribués au pouvoir tchadien. Service Ngardjelai, victime de la répression des manifestations du 20 octobre 2022, qui ont causé entre 50 et 150 morts selon les Nations unies, a déclaré : « C’est depuis 2022 que le dossier a été déposé au niveau de la Cour pénale internationale. Moi, en tant que victime directe, j’exhorte et j’appelle tous mes frères et sœurs, victimes directes ou indirectes du 20 octobre, à rester sereins. »
Fin 2022, plusieurs acteurs politiques, dont Succès Masra, ainsi que des avocats tels que maître Vincent Brengarth, avaient signalé des violations aux autorités de la CPI après la répression des manifestations contre la transition militaire.
L’avocat Brengarth souligne que le retrait du Tchad s’inscrit dans un contexte de pressions internationales, notamment des États-Unis, qui critiquent la CPI. Selon lui, cette décision apparaît comme un prétexte face aux risques juridiques potentiels liés à la situation au Darfour. Le Tchad est accusé par l’armée soudanaise et diverses ONG de faciliter l’envoi d’armes provenant des Émirats arabes unis vers les Forces de soutien rapide (FSR), qui sont en conflit avec l’armée soudanaise depuis 2023.
Ce retrait fait écho à la récente offensive diplomatique des États-Unis contre la CPI, accusée de menacer leur sécurité. Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel à Amnesty International, indique que cette position américaine fragilise l’institution et nuit à sa légitimité.
Brengarth met en garde sur les conséquences juridiques du retrait, notamment l’impossibilité pour la CPI d’exercer une compétence automatique sur de nouveaux faits au Tchad et les complications potentielles pour la coopération judiciaire.
Cette décision du Tchad s’inscrit dans une tendance plus large, puisque d’autres régimes militaires de la région, tels que ceux du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ont également annoncé leur retrait de la CPI, dénonçant un « instrument de répression néocoloniale ».
Source : DW.


