Quatre personnes interpellées dans un réseau de prostitution de mineures à Nice
Quatre individus, dont trois mineurs, ont été arrêtés à Nice suite aux plaintes de deux jeunes filles. Ils sont soupçonnés de proxénétisme et de violences. Les suspects ont été présentés à la justice le vendredi 11 septembre.
L’affaire a débuté avec la plainte d’une jeune fille de 16 ans, qui a déclaré avoir été contrainte de se prostituer dans un appartement niçois loué via Airbnb. Une autre mineure a également porté plainte pour des faits similaires.
Ces plaintes sont particulièrement rares, car l’emprise exercée par les réseaux de proxénétisme dissuade souvent les victimes de se manifester. Geneviève Colas, coordinatrice du collectif Ensemble contre la traite d’êtres humains – Secours catholique, a souligné : « Ces enfants ne se sentent pas victimes. Il est essentiel de leur faire comprendre qu’elles le sont, non pas pour les victimiser, mais pour qu’elles réalisent qu’elles sont exploitées. »
Le réseau de proxénètes démantelé dans les Alpes-Maritimes comprend un majeur, deux mineurs, et une jeune fille qui pourrait également être victime. Le Procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a noté que des personnes qui étaient elles-mêmes prostituées finissent parfois par devenir proxénètes, contribuant à encadrer d’autres victimes.
Les prestations tarifées impliquant des mineures auraient été organisées via le site web Sexemodel, qui propose des annonces de femmes avec des photos dénudées. Bien que ce site soit sous enquête, les réseaux de proxénètes trouvent des alternatives, notamment sur des réseaux sociaux tels qu’Instagram et TikTok, où la prostitution est plus discrète.
Les suspects ont été mis en examen pour traite d’êtres humains aggravée et proxénétisme aggravé. Les clients de ces proxénètes risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, selon la loi. Si la victime a moins de 15 ans, les peines peuvent atteindre 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Un acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans peut également être considéré comme un viol.
En 2022, le parquet de Nice avait enregistré près de 20 procédures pour des faits similaires.
Source : France 3 Régions
