Fabio Mauri. Catalogue raisonné
Publié en ligne en octobre 2025 sous la direction de Carolyn Christov-Bakargiev, le Catalogue raisonné de Fabio Mauri est désormais disponible en version imprimée. Cet ouvrage réunit plus de 3 600 œuvres reproduites et, dans sa version numérique, inclut des documents vidéo, établissant ainsi la publication la plus complète dédiée à cet artiste majeur de la scène italienne d’après-guerre. Une rétrospective importante, également orchestrée par Carolyn Christov-Bakargiev, est prévue au MAMbo de Bologne au début de 2027, suivie d’une exposition au MUDAM Luxembourg à la fin du printemps de la même année.
Fabio Mauri (1926-2009), artiste, écrivain et éditeur, a produit une œuvre riche et complexe, centrée sur les thèmes du Bien et du Mal, de l’idéologie et des médias. Il concevait l’artiste comme un intellectuel, capable de réfléchir sur son époque et sa position dans la société, sans se laisser enfermer dans un moralisme simpliste. Sa carrière témoigne d’un engagement constant envers les enjeux existentiels de son temps, faisant de l’idéologie son matériau artistique principal.
Mauri a évolué au sein des principaux courants artistiques de son époque, tels que l’expressionnisme, le néo-dada, le minimalisme et l’art conceptuel. Dans son introduction au catalogue, Christov-Bakargiev cite une déclaration de l’artiste de 1973, affirmant que « le langage de l’art. clarifie le sens plus que la science, et peut-être plus que la philosophie. »
À partir de 1957, il entame sa série emblématique des Schermi, où il intègre des écrans sur des toiles vierges, soulignant le conditionnement idéologique. Dans les années 1970, il adopte une approche performative, explorant frontalement les mécanismes de l’idéologie à travers des œuvres telles que Che cosa è il fascismo (1971) et Ideologia e natura (1973), qui interrogent les notions d’identité et d’idéologie.
Bien que l’artiste soit décédé depuis plus de quinze ans, son œuvre demeure d’une pertinence contemporaine. Le Catalogue raisonné permet de reconsidérer la signification de l’écran à notre époque, où les réseaux sociaux façonnent les opinions de manière souvent insidieuse, rappelant les mécanismes de contrôle idéologique du passé.
Source : Artpress, par Maria Rybalchenko.