Fléau du protoxyde d’azote : les séquelles inquiètent
La préfecture du Finistère a récemment pris un arrêté interdisant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote à des fins récréatives sur l’ensemble des voies et espaces publics du département jusqu’à la fin du mois. Cette décision vise à contrer une pratique en forte augmentation. Ce produit, souvent désigné comme « gaz hilarant », est utilisé dans divers domaines tels que l’alimentaire, le médical ou l’industriel, mais son usage détourné pose de graves risques pour la santé. Les professionnels de santé expriment des inquiétudes et plaident pour des mes préventives avant l’instauration de sanctions.
Le week-end dernier, un accident impliquant sept jeunes en voiture a eu lieu, entraînant sept blessés, dont deux dans un état grave. La perte de contrôle du véhicule serait liée à la consommation de protoxyde d’azote, avec des cartouches retrouvées dans le véhicule. À Brest, la police observe une tendance croissante chez les jeunes à inhaler ce gaz, souvent à l’aide de ballons gonflés par des cartouches.
Les effets euphorisants du protoxyde d’azote ne doivent pas masquer les dangers qu’il engendre. Manon Masson, spécialiste en médecine physique et réhabilitation au CHU de Brest, souligne : « Les risques immédiats comprennent l’asphyxie, car ce gaz n’est pas mélangé à l’oxygène, ainsi que des brûlures en cas de contact direct avec la bonbonne. À long terme, on observe des troubles neurologiques, des atteintes de la moelle épinière et des nerfs, ainsi que des problèmes cérébraux entraînant des difficultés de marche, de sensibilité et des problèmes urinaires. »
Dans le service d’addictologie du CHU de Brest, un manque d’information et de prévention sur les dangers du protoxyde d’azote est constaté. Bien que ce produit ne soit pas illégal, sa vente est interdite aux mineurs et il est facilement accessible en ligne. Pierre Lijour, médecin addictologue au CHU de Brest, souligne l’importance de la prévention : « Une criminalisation accrue de la consommation ne fait qu’augmenter la honte et la culpabilité des usagers, les rendant moins enclins à rechercher de l’aide. »
Un projet de loi en cours vise à renforcer le cadre répressif autour de la vente et de l’usage de ce produit, tout en intégrant un volet prévention limité. Ce phénomène touche principalement les jeunes adultes, avec un âge moyen de 22 ans.
Source : France Télévisions


