Procès Olivier Bouygues : 5 ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende requis
La procureure d’Orléans a requis une peine de 5 ans de prison avec sursis à l’encontre d’Olivier Bouygues, jugé pour destruction d’espèces protégées, ce mardi 8 septembre au tribunal correctionnel d’Orléans. Elle a également demandé la condamnation des cinq co-prévenus, employés sur son domaine de Fontenaille en Sologne.
Au cours de ce procès, qui s’est tenu sur deux jours, le ministère public a réclamé des condamnations pour tous les prévenus. Olivier Bouygues et ses cinq employés sont accusés d’atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’espèces protégées sur son domaine de 600 hectares. La procureure, Emmanuelle Bochenek-Puren, a demandé une amende de 750 000 euros, la somme maximale en raison de la situation financière de Bouygues, ainsi qu’une interdiction de toute pratique agricole ou d’élevage pendant 5 ans.
Les cinq employés, anciens et actuels garde-chasses et régisseurs, pourraient écoper de peines allant de un à quatre ans de prison avec sursis, accompagnées de diverses amendes. Ils sont également accusés d’élevage de sangliers sans autorisation, de chasse en dehors des périodes d’ouverture, de piégeage illégal et de détention d’armes sans autorisation.
La procureure a mis en avant l’abondance de preuves matérielles recueillies lors d’une perquisition le 4 juin 2025, incluant un charnier avec des restes d’espèces protégées et un livre de chasse mentionnant des espèces protégées. Elle a décrit un système de destruction visant à préserver les parties de chasse sur le domaine.
Cinq des six prévenus ont reconnu avoir détruit des espèces protégées durant leur garde à vue. Cependant, les déclarations concernant l’implication d’Olivier Bouygues ont évolué, le milliardaire niant toute participation ou connaissance des faits. La procureure a souligné le lien de subordination entre les employés et leur employeur, affirmant que Bouygues restait le responsable du domaine.
Les avocats des parties civiles, représentant 17 associations, ont soutenu que les prévenus avaient causé un préjudice environnemental considérable. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) estime qu’environ 220 animaux protégés ont été abattus chaque année entre 2019 et 2025 sur le domaine de Bouygues.
En ce qui concerne les conséquences financières, la LPO a évalué le préjudice écologique à 756 787,50 euros pour six ans de destructions d’animaux protégés. Ce montant pourrait être utilisé pour financer des opérations de réparation environnementale.
Les avocats des prévenus ont plaidé pour l’annulation du procès, remettant en cause la légitimité de certaines preuves. Le procès s’est concentré sur la nécessité d’établir la responsabilité d’Olivier Bouygues, qui continue de nier toute implication dans les actes reprochés.
Source : France 3 Régions

