Procès en appel décisif pour Marine Le Pen et son avenir politique : les trois scénarios possibles
Marine Le Pen attend une décision cruciale concernant son avenir politique ce mardi 7 juillet. À partir de 13h30, la cour d’appel de Paris se prononcera sur l’affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national. L’accusation soutient que Marine Le Pen et une vingtaine de responsables de son parti auraient détourné des fonds du Parlement européen pour rémunérer des employés travaillant réellement pour le Front national, entraînant un préjudice estimé à 4,1 millions d’euros sur la période de 2004 à 2016.
Ce jugement déterminera si la cheffe de file du RN pourra se présenter à l’élection présidentielle de 2027 pour une quatrième fois ou si elle devra céder la place à son dauphin, Jordan Bardella. En première instance, le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, lui retirant immédiatement ses droits électoraux. Trois scénarios se dessinent.
L’hypothèse d’une relaxe
La cour d’appel n’est pas tenue par les réquisitions du parquet général et pourrait prononcer une relaxe si elle estime que les infractions ne sont pas établies. Les avocats de Marine Le Pen ont plaidé son acquittement, arguant qu’elle ignorait les règles concernant l’emploi des assistants parlementaires européens. Une telle décision lui permettrait de retrouver son éligibilité et de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Néanmoins, le parquet général disposerait de dix jours pour former un pourvoi en cassation, ce qui pourrait retarder une décision définitive jusqu’au début de 2027.
Une peine d’inéligibilité réduite à deux ans
Un autre scénario envisage une condamnation maintenue, mais avec une peine d’inéligibilité réduite à deux ans ou moins. Cela signifierait qu’elle purgerait sa peine avant le premier tour de l’élection présidentielle prévu le 18 avril 2027. L’inéligibilité ayant commencé le 31 mars 2025, elle prendrait fin le 31 mars 2027, quelques jours avant le début de la campagne officielle. Cette décision pourrait également faire l’objet d’un pourvoi en cassation.
Le scénario qui profiterait à Jordan Bardella
Enfin, si la cour impose une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans, cela compromettrait définitivement la candidature de Marine Le Pen pour 2027. Dans ce cas, Jordan Bardella deviendrait le candidat naturel du Rassemblement national. Bien que Marine Le Pen puisse faire appel, il est probable que cette procédure ne soit pas résolue avant l’élection présidentielle. Consciente de l’importance de cette décision, elle a déjà déclaré qu’elle la considère comme déterminante pour son avenir politique.
Source : L’Express
