Me David Rebibou : Un avocat engagé après l’attentat du 14 juillet 2016
Après l’attentat tragique du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice, Me David Rebibou, avocat au barreau de Nice depuis 1997, a accepté sans hésitation de défendre les victimes lors du procès qui s’est tenu en 2022.
Comme de nombreux Niçois, Me Rebibou se souvient avec précision de cette soirée fatidique. Alors qu’il se trouvait à Auron avec sa famille, il a appris la catastrophe par téléphone. « On reçoit un appel assez affolé de notre plus jeune enfant qui nous dit : ‘Vous êtes où ?' » se remémore-t-il. Les premières informations étaient confuses, principalement relayées par les réseaux sociaux, mais la confirmation de l’attentat est rapidement parvenue, laissant place à l’effroi. « On voit la promenade des Anglais au loin… au moment où je vous parle, j’ai encore ces frissons de se dire : mais que s’est-il passé ? Comment est-ce possible ? »
Le retour à Nice a été marqué par une forte émotion, notamment en raison de l’hommage rendu à une consœur du barreau, tuée lors de l’attentat. Il évoque « l’effroi, la désolation » ressentis sur les lieux du drame, tout en saluant « la résilience des Niçois ».
Lorsque Me Rebibou a été sollicité pour représenter les parties civiles, il a accepté immédiatement, sans la moindre hésitation. Son rôle a consisté à accompagner les victimes dès la phase d’instruction, alors même que le procès n’était pas encore acquis. « Pas d’hésitation, aucune », affirme-t-il.
L’organisation d’un procès de cette envergure a également marqué l’avocat. « Lorsque vous recevez l’avis d’audience avec un procès qui s’étale entre septembre 2022 et janvier 2023, vous vous dites : comment on va s’organiser ? Comment ces gens vont pouvoir assister au procès ? »
L’arrivée au palais de justice de Paris a été impressionnante. « La dimension vertigineuse de cette salle », transformée pour l’occasion, a laissé une forte impression tant sur lui que sur les victimes. Les longues distances entre les bancs des parties civiles et la barre, la présence de caméras et d’avocats ont contribué à l’exceptionnalité de cette audience.
Malgré la difficulté des journées, parfois commencées dès l’aube, Me Rebibou souligne que ces moments rappellent le sens profond de son métier. « C’est effectivement dans ces moments très durs que l’on se dit : c’est pour ça que je suis avocat. » Ce procès a également transformé sa vision du travail entre confrères, favorisant une collaboration collective entre avocats des parties civiles, loin de l’image individualiste souvent associée à la profession.
Au fil des mois, les victimes ont témoigné de leurs expériences, un processus souvent difficile. « Il y avait véritablement une angoisse à venir témoigner », note Me Rebibou. Il a encouragé les victimes en leur rappelant que leur témoignage était essentiel, saluant le rôle du président de la cour d’assises qui a permis à chacun de s’exprimer librement, même dans le silence chargé d’émotion.
Un des moments les plus éprouvants du procès a été la diffusion d’une vidéo retraçant le parcours du camion sur la promenade des Anglais. « On voit toutes ces vies fauchées, ces personnes qui sont sciemment percutées. » Les réactions dans la salle ont été bouleversantes, avec des cris et des personnes cherchant à ne pas assister à cette scène.
À l’issue du procès, Me Rebibou a ressenti un soulagement : « On avait le sentiment d’avoir travaillé comme on le devait, en respect pour nos clients, pour les victimes. »
Source principale : Article sur Me David Rebibou et le procès du 14 juillet 2016.
