Présidentielle 2027 : À Sens, la nécessité d’une ‘union des démocrates’ face aux ‘extrêmes’ fait débat
Une journée de débats a rassemblé ce samedi 29 août à Sens, dans l’Yonne, cinq candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle. Bernard Cazeneuve, Karim Bouamrane, Jérôme Guedj, François Hollande et Édouard Philippe ont répondu à l’invitation de Jean-Michel Blanquer et son Laboratoire de la République. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également participé à une discussion sur la souveraineté, soulignant l’importance d’un budget solide pour éviter un « mauvais remake de l’année dernière ».
Tous les intervenants ont exprimé leur refus d’un possible choc des « extrêmes » entre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) au second tour de mai 2027. Jean-Michel Blanquer a plaidé pour la nécessité de bâtir une vision commune face à la complexité de l’époque et au risque de fragmentation.
À la tribune, l’ancien député Guillaume Larrivé a résumé la situation en déclarant : « Il est minuit moins 7 », tandis que Bernard Cazeneuve a évoqué la « réconciliation républicaine ». L’ancien Premier ministre socialiste, qui a quitté le PS en raison des accords avec LFI, a déclaré qu’il est possible de trouver des compromis entre responsables politiques de différents camps.
Cazeneuve a appelé à une « coalition des engagés » pour éviter la victoire de Marine Le Pen, soulignant que cette coalition inclurait « la gauche qui veut gouverner, les républicains du centre et les modérés » prêts à un « compromis historique, gaullien ».
François Hollande, pour sa part, a préféré parler d’une « union sacrée des démocrates », affirmant que tout candidat au second tour ne peut pas se contenter de dire « votez pour moi pour faire barrage » à l’extrême droite. Il a critiqué le RN et LFI pour leur rôle dans la division du pays et a exhorté à « s’unir sur l’essentiel ».
Édouard Philippe a soutenu l’idée de rassembler la droite et le centre, mais a souligné que toute rupture avec les Insoumis n’a pas été pratiquée lors des élections législatives de 2024. Il a précisé qu’il ne voterait jamais pour un candidat de LFI ou du RN, mais qu’il n’hésiterait pas à voter pour un candidat de gauche républicain.
Sur le plan fiscal, François Hollande a évoqué la nécessité d’une éventuelle augmentation des prélèvements, tandis qu’Édouard Philippe a plaidé pour une réduction des dépenses, en particulier sociales, qu’il juge insoutenables.
La journée a également vu la présence inattendue de Julien Odoul (RN), qui a critiqué cette réunion comme une « farce rassemblant tous les fossoyeurs de la République ».
Jean-Michel Blanquer a conclu en affirmant que « la République, c’est vouloir faire quelque chose ensemble », soulignant le potentiel de la concorde au sein de ces discussions.
Source : LCP

