Pourquoi les paresseux sont-ils si lents ?
Le paresseux détient un record peu enviable : celui du mammifère le plus lent de la planète. Cette lenteur n’est pourtant pas un défaut, mais une adaptation remarquable à un mode de vie fondé sur les économies d’énergie. Une étude publiée dans BMC Biology apporte aujourd’hui de nouveaux indices sur l’origine génétique de cette particularité.
Des « gènes sauteurs » hérités de l’évolution
Pour la première fois, une équipe internationale a séquencé en détail le génome d’un paresseux à deux doigts et l’a comparé à celui d’autres mammifères apparentés, comme le tatou et le fourmilier. Les chercheurs ont identifié plusieurs séquences d’ADN très particulières, appelées transposons ou « gènes sauteurs ». Capables de se déplacer dans le génome, ces éléments génétiques semblent avoir été conservés chez les paresseux pendant près de 30 millions d’années.
Fait intrigant : nombre d’entre eux sont associés aux mitochondries, les structures cellulaires responsables de la production d’énergie. Les scientifiques pensent que ces séquences pourraient avoir contribué à l’évolution du métabolisme exceptionnellement lent des paresseux, qui dépensent moins de la moitié de l’énergie attendue pour un mammifère de leur taille.
Au-delà de la curiosité biologique, ces résultats pourraient intéresser la médecine. Mieux comprendre comment les paresseux restent en bonne santé malgré un fonctionnement énergétique minimal pourrait éclairer l’étude du vieillissement, du diabète ou encore de certaines maladies neurodégénératives. Qui aurait cru que la lenteur des paresseux puisse un jour inspirer la recherche dans ces domaines ?
Source : BMC Biology
