Un système pour les risques d’hier : les pompiers sont-ils armés pour les futurs feux ?
La Gironde continue de brûler, mobilisant des centaines de pompiers qui luttent sans relâche jour et nuit. À quelques mois de l’élection présidentielle, la question de la capacité de la France à faire face aux feux de forêts massifs, exacerbés par le réchauffement climatique, se fait pressante. La France insoumise a récemment accusé l’ancien Premier ministre et candidat à l’Élysée, Gabriel Attal, d’avoir annulé la commande de deux Canadair. Ce dernier a rétorqué que l’avionneur canadien ne pouvait accepter que deux commandes à la fois, suivies de deux autres deux ans plus tard.
Cette polémique a pris de l’ampleur au niveau des conseils départementaux, qui soulignent que « les défis explosent, mais les moyens n’évoluent pas à la même vitesse ». Les pompiers, dont l’action est en constante augmentation, sont financés par un système jugé « conçu pour les risques d’hier », selon l’association d’élus regroupés au sein de Départements de France.
La question des moyens des pompiers n’est pas nouvelle et a été au cœur des discussions lors du Beauvau de la Sécurité civile, qui a appelé à moderniser le financement de la politique de sécurité civile et à planifier un renforcement des moyens nationaux. Ce constat a mis en lumière un système « à bout de souffle » et une « inadaptation à l’évolution des risques », ainsi qu’une « forme d’inégalité entre les territoires ».
Le Beauvau de la Sécurité civile a également réaffirmé l’importance des 200 000 volontaires, représentant plus des trois quarts des effectifs des pompiers en France. En raison de « l’absence d’alternative crédible au modèle actuel », le gouvernement a présenté un plan d’actions sur deux ans pour faciliter leur recrutement et leur activité professionnelle. Cependant, la mise en œuvre concrète des conclusions de ces travaux reste attendue.
Un projet de loi, actuellement sur le bureau du Premier ministre, pourrait inclure des mes pour renforcer les obligations des propriétaires en matière de débroussaillage et un volet pénal pour les incendiaires. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné qu’il y a une urgence à agir, car les risques de feux de forêt vont s’étendre au-delà du sud de la France.
Après les mégafeux de 2022, Emmanuel Macron avait promis un renforcement des moyens matériels, mais cela n’a pas été entièrement réalisé. Les 12 Canadair français ne sont toujours pas passés à 16, bien que plus de 500 véhicules terrestres spécialisés aient été livrés, avec un nombre équivalent prévu d’ici 2027.
Laurent Nuñez a précisé que le budget de la Sécurité civile a augmenté, passant de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions en 2026, et a affirmé que les moyens ont « augmenté de manière considérable ». Cependant, le ministère de l’Intérieur a rappelé que seuls 2 à 3 % des incendies de forêt échappent chaque année aux services de lutte.
Face à ces défis croissants, la question de la coopération européenne pour une structure opérationnelle permanente devient de plus en plus pertinente. La députée socialiste Sophie Pantel a insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts, affirmant qu’il faut « passer à la vitesse 300 % ».
Source : Le Progrès


