« Nous refusons le qualificatif de héros » : Les pompiers dénoncent les insuffisances du service public après les incendies
L’intersyndicale des pompiers a publié un communiqué le 3 août, dénonçant le manque de moyens face aux incendies qui ravagent la France. Malgré les éloges politiques, les syndicats réclament des effectifs et des équipements adaptés. Cette année, plus de 116 000 hectares ont brûlé, illustrant un système à bout de souffle.
Dans ce communiqué, l’intersyndicale exprime son mécontentement face aux discours politiques qui louent le courage et l’engagement des pompiers. « Les responsables politiques saluent leur courage, leur dévouement et leur engagement sans faille. Pourtant, nous refusons que le mot ‘héros’ serve une nouvelle fois à dissimuler la réalité », affirment les neuf organisations syndicales.
Cosigné par plusieurs syndicats, le texte souligne que les pompiers ne demandent ni admiration particulière ni glorification permanente. Ils souhaitent simplement pouvoir accomplir leur mission dans des conditions adéquates, avec des effectifs suffisants et des moyens opérationnels adaptés.
Un système arrivé à ses limites
Les signataires du communiqué estiment que la situation actuelle est due non seulement à un contexte climatique de plus en plus extrême, mais également à « vingt années de sous-investissement » et à des « alertes répétées restées sans réponse ».
Les données renforcent cette analyse : depuis le début de l’année, plus de 116 000 hectares de végétation ont été détruits en France, des centaines d’habitations ont été ravagées et des dizaines de milliers de personnes ont dû être évacuées, en particulier en Gironde, où un méga-feu a dévasté 42 000 hectares. Faute de moyens suffisants, des agriculteurs, militaires, élus locaux et citoyens se sont mobilisés aux côtés des sapeurs-pompiers.
L’intersyndicale souligne que lorsque les citoyens doivent compenser les insuffisances du service public, cela devient un symptôme d’un système arrivé à ses limites.
Un autre point préoccupant est que certains pompiers professionnels ont dû poser des congés pour rejoindre les opérations de lutte contre les feux de forêt, alors que l’État appelait les employeurs à libérer les pompiers volontaires. L’intersyndicale mentionne également que 130 pompiers ont été intoxiqués, dont six placés en caisson hyperbare, avec des risques de contamination à long terme mal évalués.
Source : L’Indépendant


