Non à l’enlaidissement de Paris : vive polémique autour du nouveau pavillon de l’Assemblée nationale
Une pétition lancée en 2025 par l’association Sites et Monuments s’oppose au remplacement du pavillon de l’Assemblée nationale, ayant récolté plus de 131 000 signatures. Ce mouvement relance le débat sur l’intégration d’architectures contemporaines au sein du patrimoine historique.
L’association Sites et Monuments qualifie le projet de nouveau pavillon d’accueil de « délirant » et « incongru ». Occupé depuis 1879 par l’Assemblée nationale, le Palais Bourbon pourrait voir son bâtiment actuel, adjacent à la colonnade néo-classique, remplacé par une structure en verre et en acier. Le projet, intitulé « L’à venir », vise à accroître la capacité d’accueil des visiteurs et à améliorer l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.
Le pavillon d’accueil actuel, construit en 1888 par Edmond de Joly, est en harmonie avec le Palais Bourbon, commandé en 1722. Bien qu’édifié près de 160 ans après, son architecture s’est intégrée dans le paysage du quai d’Orsay.
La pétition, intitulée « Non à l’enlaidissement de Paris par l’Assemblée nationale », a été initiée en juin 2025 lors de l’annonce du projet par Yaël Braun-Pivet. Julien Lacaze, président de l’association, souligne que le site se caractérise par son horizontalité et sa symétrie parfaite. La non-conformité du projet au Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) a conduit à la suspension initiale des travaux.
Cependant, la modification des règles d’urbanisme par la Mairie de Paris, le 18 juillet dernier, a relancé le chantier. L’association évoque également des préoccupations écologiques, arguant qu’une façade en verre pourrait entraîner une consommation énergétique élevée pour le chauffage et la climatisation. L’architecte Alain Moatti rétorque que des brise-soleil garantiront des conditions énergétiques stables.
Le projet, qui prévoit de remplacer l’ancienne structure par un bâtiment de 600 m² et de 8 mètres de haut, a été conçu pour améliorer l’accueil des visiteurs. Il inclura également deux niveaux souterrains, étendant l’espace accessible à 3 400 m². Le premier sous-niveau permettra d’accéder au palais et à l’hémicycle, tandis que le second sera un espace dédié à la République et à la démocratie.
La question de l’intégration de nouvelles architectures dans les sites historiques reste un sujet de débat en France, soulevant des interrogations sur la préservation du patrimoine face aux besoins contemporains.
Source : Sites et Monuments



