Piratage : la France 8e mondiale, le manga écrase tout
Le piratage sur le web a significativement diminué en 2025. Selon les données de MUSO, les sites de piratage ont enregistré 185,6 milliards de visites, en baisse par rapport aux 216,3 milliards de visites en 2024, soit une diminution de 14,2 % en un an. Le nombre moyen de visites par internaute a également chuté, passant de 64,25 à 55,12. Cependant, cette baisse globale cache des disparités marquées entre les différents secteurs : le cinéma, la musique et les logiciels connaissent un déclin rapide, tandis que la télévision et l’édition affichent une résistance.
MUSO précise qu’elle ne me ni le nombre de personnes qui piratent ni le nombre d’œuvres téléchargées ou visionnées. L’entreprise comptabilise uniquement les visites sur des sites identifiés comme pirates. Un internaute peut générer plusieurs visites, et une seule visite peut donner accès à plusieurs contenus.
La France parmi les premiers pays
En 2025, la France a comptabilisé 5,06 milliards de visites sur des sites de piratage, représentant 2,73 % du trafic mondial. Cela la place au 8e rang mondial, derrière les États-Unis, l’Inde, la Russie, l’Indonésie, le Vietnam, la Turquie et le Japon, mais devant l’Allemagne et l’Ukraine. Concernant spécifiquement l’édition, la France a enregistré 1,97 milliard de visites liées au piratage de contenus éditoriaux, soit 2,99 % du total mondial, la plaçant au 10e rang. L’Indonésie domine ce secteur avec 6,33 milliards de visites, suivie des États-Unis avec 5,97 milliards et du Japon avec 4,58 milliards.
Un baromètre de 2025 réalisé par Médiamétrie indique que 6 % des Français ont eu recours à des offres illégales de livres, soit environ 3 millions de personnes, un chiffre qui grimpe à 17 % parmi les lecteurs de livres numériques.
Données sur l’édition
Alors que le trafic pirate mondial a reculé de 14,2 %, l’édition n’a diminué que de 0,9 %, passant de 66,38 milliards de visites en 2024 à 65,79 milliards en 2025, faisant de ce secteur le plus résistant. En comparaison, la télévision a perdu 13,8 %, les logiciels 24,5 %, le cinéma 30,9 % et la musique 40,3 %. MUSO note que 99,5 % du piratage éditorial se fait par téléchargement, contre 0,5 % par des usages assimilés au streaming, alors que 97,3 % du piratage télévisuel repose sur le streaming.
Le manga en tête du piratage éditorial
En 2025, 73,09 % du trafic pirate lié à l’édition concerne le manga, contre 70,12 % l’année précédente. L’édition généraliste représente 12,20 % du trafic, tandis que les livres au sens strict ne pèsent plus que 3,53 %. MUSO indique que neuf des dix principaux sites pirates de l’édition sont spécialisés dans le manga.
Facteurs de piratage
MUSO souligne que cette domination du manga ne s’explique pas uniquement par une préférence des pirates. Plusieurs facteurs contribuent à ce phénomène : une demande mondiale qui progresse plus vite que les traductions officielles, des traductions réalisées par des fans souvent disponibles avant les versions sous licence, et la sérialisation des œuvres incitant les lecteurs à revenir régulièrement.
Conséquences sur l’anime
Le piratage ne se limite pas aux livres, la télévision étant le premier secteur mondial de piratage avec 83,42 milliards de visites. Les animes représentent 25,7 % de ce piratage télévisuel. En France, le pays se classe 7e mondial pour le piratage télévisuel avec 2,41 milliards de visites. Le déclin dans d’autres secteurs est marqué, avec une chute de 30,9 % dans le piratage cinématographique et de 40,3 % dans la musique.
Source : MUSO.


