Couvrir les conflits invisibles pour combler les zones d’ombre
Le festival du photojournalisme, endeuillé lundi par l’annonce du décès de son cofondateur Jean-François Leroy, a ouvert sa 38e édition samedi.
Cette année, le festival met en lumière le travail de trois photographes sur des conflits souvent négligés par l’actualité : le Soudan, l’Éthiopie et le Cambodge. Ces conflits sont souvent éclipsés par les événements en Ukraine ou au Moyen-Orient. Les photographes Abdulmonam Eassa, Robin Tutenges et Jean-Luc Moreau Deleris sont parmi les trente artistes présentés.
Abdulmonam Eassa, 31 ans, a commencé sa carrière pendant la guerre civile syrienne. Il présente à Perpignan des photos prises au Soudan entre fin 2020 et l’été 2022, ainsi que lors de deux reportages pour Le Monde en 2024 et 2025. Installé au Soudan pour comprendre la révolution qui a renversé Omar el-Béchir, il s’interroge sur l’indifférence du monde face à la violence actuelle entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR).
Robin Tutenges, également âgé de 31 ans, a documenté les combats de la milice des Fano en Éthiopie. Il souligne l’importance de raconter les histoires humaines derrière les chiffres : « Il y a des zones d’ombre dans le monde et c’est mon travail d’aller les couvrir », déclare-t-il.
Jean-Luc Moreau Deleris, 67 ans, a récemment photographié la situation au Cambodge, où il a été confronté à des questions sur l’absence de couverture médiatique : « Tous les Cambodgiens que j’ai rencontrés me disaient : pourquoi on ne parle pas de nous ? ». Son reportage dans Le Figaro Magazine a suscité des réactions variées, allant du soutien à des critiques.
Ces photographes s’efforcent de donner une voix à ceux qui sont souvent oubliés dans les récits médiatiques, mettant en avant l’impact des conflits sur les civils. Leur travail vise à sensibiliser le public à des réalités souvent ignorées, soulignant l’importance de la couverture des conflits invisibles.
Source : Franceinfo.

