« On espère que ce n’est pas un écran de fumée » : en Bretagne, pourquoi le bras de fer autour des pesticides est en train de basculer

On espère que ce n’est pas un écran de fumée : le bras de fer autour des pesticides en Bretagne bascule

Le 25 juin 2026, la Commission locale de l’eau (Cle) se réunira à nouveau pour avancer sur le Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) Vilaine, après une interruption de plus de six mois. Ce texte vise à protéger la ressource en eau d’1,5 million d’habitants, en particulier contre les pesticides. Le périmètre d’application couvre l’Ille-et-Vilaine et s’étend sur près de 500 communes des départements voisins.

Les discussions avaient été suspendues le 11 décembre 2025, lorsque certains syndicats agricoles, dont la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, avaient bloqué le vote. Ces syndicats s’opposaient à des mes, notamment l’interdiction d’épandage de pesticides sur les zones de captage d’eau, qu’ils considéraient comme menaçantes pour les exploitations agricoles.

Un groupe de travail technique a été constitué pendant le moratoire, à l’initiative du nouveau préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, afin de trouver un compromis. Ce travail a permis de relancer le processus d’adoption du texte, qui pourrait servir de modèle au niveau national.

Les propositions de modification incluent un changement de terminologie : l’interdiction d’épandage de pesticides serait remplacée par une « suppression programmée » de tous les pesticides dans les zones de captage. Le délai accordé aux agriculteurs pour se conformer à ces nouvelles règles serait prolongé de trois à cinq ou six ans. Des dérogations pourraient être accordées aux exploitants déjà engagés dans des démarches de réduction des pesticides.

Les membres de la Cle, comme Pauline Pennober de l’association Eau et Rivières, se montrent prudents et attendent de voir les détails des propositions. Le président de la Cle, Michel Demolder, se réjouit que ces modifications préservent l’esprit du texte initial.

Les syndicats agricoles, de leur côté, expriment une certaine méfiance. Cédric Henry, président de la FDSEA 35, a déclaré qu’ils allaient analyser les propositions, tout en espérant qu’il ne s’agit pas d’un simple écran de fumée.

La prochaine séance plénière du 25 juin sera cruciale, et la Cle disposera de l’été pour examiner ces nouvelles propositions avant un vote définitif prévu le 24 septembre.

Source : Le Télégramme

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