Orange et Morrison lancent un data center souverain en France : ce qu’il faut savoir
Orange et la société d’investissement Morrison ont annoncé, dans un communiqué du 27 juillet, la création d’une coentreprise dédiée à la construction de data centers en France, visant une capacité de 400 mégawatts. Ce projet représente une avancée significative pour la souveraineté numérique en Europe, étant donné qu’il quadruple la capacité actuelle d’Orange dans ce domaine.
Cinq data centers, quatre campus, et rien de signé pour l’instant
Les deux entreprises ont signé un accord d’exclusivité, une étape préliminaire avant la finalisation d’un contrat. La signature des documents est attendue d’ici la fin 2026, sous réserve de consultations avec les instances représentatives du personnel et de l’obtention des autorisations réglementaires. La mise en service est prévue pour le premier trimestre 2027.
Dans le cadre de ce projet, Orange mettra à disposition cinq data centers situés à Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil. Morrison, quant à elle, apportera des capitaux et son expertise en investissement d’infrastructure. La coentreprise sera co-contrôlée par les deux parties et s’appuiera sur un programme d’investissement estimé à trois milliards d’euros.
Quatre cents mégawatts dans un réseau électrique déjà saturé
La capacité de 400 mégawatts est significative dans le contexte électrique français. Selon RTE, la France compte environ 300 centres de données, dont seulement huit sont raccordés au réseau à haute et très haute tension, pour une puissance totale de 800 mégawatts. Cela signifie que le projet d’Orange pourrait à lui seul représenter la moitié de la capacité des plus grands sites du pays.
Le défi principal réside dans l’accès à l’électricité. RTE a réservé près de 18 gigawatts de capacité pour environ 80 projets en mai 2026. Ce raccordement au très haute tension nécessite des travaux d’infrastructure, souvent longs et coûteux. La région Île-de-France, où se trouvent trois des quatre campus prévus, concentre déjà une grande partie de la capacité installée.
Le troisième essai d’Orange sur le terrain de la souveraineté
Ce projet n’est pas la première tentative d’Orange dans le domaine de la souveraineté numérique. En 2012, l’opérateur avait lancé Cloudwatt, une coentreprise avec Thales, qui a finalement été absorbée par Orange Business Services en 2016. Plus récemment, un partenariat avec Capgemini pour distribuer des services Microsoft a également été mis en place, mais attend toujours l’approbation complète des autorités.
La création de cette coentreprise pourrait répondre à la demande croissante de services cloud en France, notamment en raison des réorientations des achats de cloud par l’État vers des fournisseurs nationaux.
Source : Clubic
