Obésité, génétique, médicaments : une experte fait le point sur ce qui influence vraiment notre poids

Obésité, génétique, médicaments : ce qui influence vraiment notre poids

Entre 1997 et 2024, la proportion de Français adultes en situation d’obésité a doublé, passant de 8,5 % à près de 18 %. Les enfants ne sont pas épargnés, avec 4 % des 6-17 ans déjà obèses. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 25 à 29 % de la population pourrait être touchée par cette maladie en 2030.

Face à ces chiffres alarmants, les actions de prévention se multiplient. Les professionnels de santé s’organisent pour une meilleure prise en charge et de nouveaux médicaments efficaces sont mis sur le marché. Cependant, la compréhension de l’obésité reste limitée au sein du grand public, où des idées reçues persistent.

Diagnostic de l’obésité : l’IMC n’est pas suffisant

Traditionnellement, l’obésité était définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. Pourtant, cet indicateur ne prend pas en compte la composition corporelle. La psychologue Aurélie Quillet souligne que le véritable problème de santé réside dans l’excès de graisses, notamment autour des organes vitaux.

Il est désormais recommandé de compléter le diagnostic par une me du tour de taille, qui ne devrait pas dépasser 80 cm pour les femmes et 94 cm pour les hommes, ainsi que par une évaluation de la composition corporelle.

L’obésité : une maladie reconnue

L’OMS a reconnu l’obésité comme une maladie depuis 1997, résultant d’un dysfonctionnement des cellules graisseuses. Cette condition entraîne des complications comme l’inflammation et constitue un facteur de risque pour des maladies telles que le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Origine génétique vs environnementale

Les autres cas impliquent souvent une prédisposition familiale, mais l’environnement joue un rôle crucial. Des facteurs comme la qualité de l’alimentation, le manque d’activité physique et l’exposition à des perturbateurs endocriniens contribuent à l’obésité.

La volonté n’est pas le seul facteur

L’idée que les personnes obèses manquent de volonté est une notion largement répandue mais erronée. Les personnes en situation d’obésité tendent à prendre plus de poids qu’une autre personne avec un apport calorique équivalent. De plus, les régimes restrictifs peuvent entraîner une reprise de poids à moyen terme, exacerbant la sensation de faim.

Obésité et dénutrition : deux réalités distinctes mais coexistant

L’obésité est définie comme un excès de masse grasse, tandis que la dénutrition est une diminution excessive de la masse musculaire. Les deux peuvent coexister, particulièrement après plusieurs régimes.

Traitements : médicaments et chirurgie

Des médicaments comme le sémaglutide et le tirzépatide peuvent réduire l’appétit et entraîner une perte de poids significative, mais ils ne sont pas encore remboursés par l’Assurance maladie. La chirurgie de l’obésité reste une option pour les cas les plus sévères, mais elle est réservée aux personnes ayant un IMC supérieur à 35 ou 40, accompagnés de complications.

Une maladie chronique

L’obésité est une maladie chronique, et la perte de poids ne signifie pas nécessairement une guérison. Un traitement efficace doit inclure un soutien psychologique et une activité physique adaptée.

Stratégie du ministère de la Santé

Présentée en janvier, la nouvelle stratégie du ministère de la Santé vise à améliorer le dépistage précoce de l’obésité et à renforcer la formation des professionnels de santé.

Source : Organisation mondiale de la santé (OMS), Femme Actuelle

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