Normes anti-feu: des établissements dénoncent un excès de zèle

Normes anti-feu : des établissements dénoncent un excès de zèle

Après l’incendie tragique de Crans-Montana, les autorités suisses appliquent désormais avec rigueur des normes anti-feu qui étaient auparavant peu respectées. Cette nouvelle approche suscite des critiques de la part d’établissements publics et d’organisateurs de manifestations, qui dénoncent un « serrage de vis » excessif. Le conseiller d’État Stéphane Ganzer a indiqué dans l’émission Forum qu’il n’exclut pas la possibilité de dérogations.

L’incompréhension des normes par les lieux publics et les comités bénévoles n’est pas une nouveauté, mais elle est devenue plus audible depuis la catastrophe qui a causé la mort ou blessé 150 jeunes. De nombreux responsables d’établissements expriment leur mécontentement face à certaines mes qu’ils jugent irréalistes, notamment en ce qui concerne les délais pour se conformer.

Les entreprises chargées des travaux de mise aux normes sont débordées et pourraient en profiter pour augmenter leurs tarifs, ce qui pèse lourdement sur les hôtels et restaurants, un secteur déjà aux marges faibles.

Peur des reproches

Le restaurant Les Négociants à Vevey, qui a perdu 30 couverts sur 80 en raison d’un manque de sorties de secours, a dû licencier deux employés. Son propriétaire, Frank Schoellkopf, a déclaré : « Il ne faut pas badiner avec la sécurité. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, tout arrive en même temps. La disproportion de ce qu’on nous demande peut paraître exagérée. »

L’Etablissement cantonal d’assurances (ECA) du canton de Vaud reconnaît une surréaction suite à l’incendie, mais souligne que ces normes auraient dû être appliquées plus tôt si les règles avaient été respectées. Stéphane Farrugia, responsable du service prévention incendie à l’ECA, a précisé que ces mes ne sont pas nouvelles.

En Valais, Romaine Gay-Crosier, propriétaire de l’hôtel du col de la Forclaz, critique les menaces de fermeture pesant sur son établissement. Elle plaide pour un retour à des normes plus raisonnables et applicables, sans mettre en péril les entreprises locales.

Vers des dérogations ?

La classe politique évoque un besoin de proportionnalité dans l’application des normes. L’avenir dira si cette volonté se traduira par des dérogations, afin d’éviter des fermetures d’établissements et de calmer les tensions croissantes.

Stéphane Ganzer a rappelé que le canton n’a pas durci les normes, mais que leur application par les communes a effectivement changé depuis l’incendie. Il a reconnu que la demande de proportionnalité est complexe, mais souligne que des dérogations sont possibles.

« Il y a parfois des normes qui paraissent brutales, mais qui sauvent des vies, et c’est ça le principal », a-t-il conclu.

Sources : Romain Carrupt avec Yoan Rithner et Yannick Bacher/asch

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