Le Tchad annonce son retrait de la Cour pénale internationale
Le Tchad a officiellement notifié son retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), accusant l’institution d’appliquer une justice « à géométrie variable ». Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a souligné une « sélectivité » dans les enquêtes de la CPI, jugées trop concentrées sur l’Afrique.
Cette décision est décrite par le gouvernement tchadien comme le résultat d’un examen approfondi du fonctionnement de la Cour. Depuis son entrée en vigueur, sur les 13 enquêtes ouvertes, neuf concernent des États africains, et parmi les sept personnes actuellement détenues, six proviennent de « situations africaines ». Le Tchad conclut à une « concentration durable de l’activité judiciaire de la Cour sur le Sud global et le continent africain en particulier », dénonçant également une « instrumentalisation politique de la CPI ».
L’influence des États-Unis apparaît dans cette décision. Le 23 juillet, le ministre des Affaires étrangères tchadien a eu un échange téléphonique avec le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, qui a exprimé des « préoccupations quant au fonctionnement de cette institution » et a encouragé le Tchad à reconsidérer son adhésion à la CPI.
Ce retrait intervient alors que des organisations internationales dénoncent l’implication présumée du Tchad dans le conflit au Soudan, où le pays est accusé de soutenir le général Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide, lui-même sous le coup d’accusations de violations des droits humains.
Source : RFI
