Un an d’emprisonnement sans suivi, est-ce que cela marche vraiment ?
L’ex-star du rap Moha La Squale a été condamné vendredi 7 août à deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis probatoire, pour avoir frappé deux femmes lors d’une soirée à son domicile parisien en mai. Cette décision, bien que jugée nécessaire, ne constitue pas la solution ultime selon l’association Nous Toutes, engagée dans la lutte contre les violences conjugales.
L’audience au tribunal correctionnel de Paris a duré trois heures. La peine prononcée est inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé 30 mois de prison, dont 12 avec sursis. Moha La Squale, de son vrai nom Mohamed Bellahmed, 31 ans, avait déjà été condamné en 2024 à quatre ans de prison, dont un avec sursis, pour des violences sur conjoint.
En réaction à ce jugement, l’association Nous Toutes a souligné l’importance de la condamnation comme une reconnaissance de la responsabilité de l’auteur. Cependant, elle a mis en avant les insuffisances sur le plan éducatif dans la lutte contre les violences physiques et sexuelles. Emmanuelle, membre du collectif, a déclaré : « Un an d’emprisonnement sans suivi, sans travail sur le comportement, est-ce que cela marche vraiment ? »
La militante a également évoqué les lacunes du système judiciaire et la nécessité de développer des dispositifs de justice restaurative, souvent sous-budgetés. « Développer des formes de prise en charge permettrait d’éviter beaucoup plus la récidive qu’une incarcération sans suivi », a-t-elle ajouté. L’association appelle également à une éducation précoce sur les relations et les violences, ainsi qu’à une sensibilisation des acteurs confrontés aux victimes et aux auteurs de violences.
Lors de l’audience, Moha La Squale a décrit la soirée comme marquée par la jalousie, l’alcool et la drogue, tandis qu’il contestait avoir porté des coups. Les témoignages des victimes ont varié, l’une d’elles ayant affirmé avoir été giflée, tandis que l’autre a déclaré avoir agi sous l’influence de l’alcool et de la drogue.
Cette situation soulève des questions sur l’efficacité des peines d’emprisonnement sans suivi approprié, et sur la manière dont le système judiciaire peut mieux répondre aux besoins des victimes et des auteurs de violences.
Source : ICI Paris Ile de France



