PhysioNet : un standard mondial de partage de données médicales
Avant l’avènement du stockage scientifique des données et de la collaboration via le cloud, les chercheurs médicaux confrontés à des défis en matière de recherche de santé devaient surmonter des obstacles significatifs pour collaborer et rassembler des données cliniques essentielles. Les données étaient souvent isolées et difficiles à distribuer, rendant toute recherche plus coûteuse et compliquant la comparaison des résultats entre différents ensembles de données.
En 1975, des chercheurs étudiant les arythmies au MIT et à l’hôpital Beth Israel de Boston ont imaginé une autre approche. L’équipe a commencé à collecter et à numériser des enregistrements d’électrocardiogrammes, dans le but de les étudier et de les rendre accessibles à la communauté de recherche élargie. Ce processus a nécessité des années de travail, aboutissant à la création de plus de 100 000 annotations pour les enregistrements. En été 1980, les premiers enregistrements étaient prêts, et l’équipe a rapidement réalisé que l’intérêt dépassait leurs attentes initiales.
Ces données ont finalement constitué la première base de données de la plateforme mondiale PhysioNet, fondée en 1999 dans le cadre du programme Harvard-MIT en sciences de la santé et technologie, servant de référentiel clinique pour des signaux physiologiques complexes. PhysioNet est devenu l’un des dépôts de données biomédicales et cliniques les plus complets au monde, avec plus de 15 000 publications scientifiques qui l’ont cité l’année dernière et des utilisateurs enregistrés dans plus de 180 pays.
La reconnaissance de l’importance du partage des données de recherche a considérablement évolué depuis la création de PhysioNet. La plateforme, qui a débuté avec des données d’ECG, a élargi son champ d’application pour inclure des dossiers de santé électroniques, des données d’imagerie et des modèles d’IA. Les chercheurs en santé et en IA dominent désormais la communauté d’utilisateurs de PhysioNet.
En regardant vers l’avenir, les responsables de la plateforme prévoient d’élargir son accès et d’introduire un nouveau système permettant aux utilisateurs d’annoter les données et de contribuer leur expertise, enrichissant ainsi les ressources de PhysioNet pour les prochaines décennies.
Source : MIT News
