Le fruit se protège du soleil

L’heure de la récolte des mirabelles est arrivée. Bien que résilientes face au réchauffement climatique par rapport à d’autres arbres fruitiers, les mirabelliers en ressentent tout de même les effets. Cette année, les mirabelles arrivent à maturité, mais leur couleur reste verte.

Au verger expérimental Vexeral à Obernai (Bas-Rhin), il est temps de récolter les mirabelles. Elles sont belles, sucrées et juteuses, mais demeurent vertes. Philippe Jacques, conseiller technique en arboriculture à la chambre d’agriculture d’Alsace, souligne : « Les mirabelles sont gorgées de soleil, le niveau en sucre est exceptionnel. » Cependant, certains producteurs hésitent à les cueillir, car la couleur n’est pas celle habituellement associée à une mirabelle mûre.

Ce phénomène est dû à un mécanisme de protection. « Le fruit se protège du soleil et éclaircit moins. La maturité des fruits est restée bloquée. Ils devraient être jaune doré alors que là, ils sont un petit peu verts. » Malgré cette anomalie, la récolte se déroule sans accroc, avec quatre tonnes récoltées par rangée d’arbres.

La récolte, bien que fructueuse, devient de plus en plus brève et précoce. Les fruits mûrissent plus rapidement qu’auparavant. Daniel Dettling, arboriculteur, se souvient : « Quand j’étais petit garçon, il y avait trois semaines de récolte, et ça commençait après le quinze août. C’était tranquille. » Cette année, la récolte a débuté le 6 août, et Dettling note : « Maintenant, ça commence de plus en plus tôt et ça dure plutôt quinze jours. »

Les récentes canicules et sécheresses perturbent également le cycle de maturation des fruits. Certains mûrissent difficilement, tandis que d’autres le font beaucoup plus vite, ce qui bouleverse les plannings de récolte. « Bientôt, il y aura les vendanges, les pommes, les poires, tout s’accélère clairement. » Pour s’adapter à ces changements, Dettling a investi dans une machine de récolte à 40 000 euros, qu’il partage avec un collègue.

Malgré ces défis, le bilan reste positif dans cette parcelle de mirabelliers, qui a bénéficié d’un hiver aux conditions idéales. Une longue et intense vague de froid a permis aux arbres de se reposer avant d’affronter les rigueurs de l’été. Reste à surveiller la floraison de cette année, qui sera déterminante pour la production de l’an prochain, afin d’évaluer l’impact des fortes chaleurs sur la mirabelle.

Source : France 3 Régions.

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