Un jeu d’équilibriste : Marseille, toujours dernière en matière de vélo en ville
Marseille accuse un retard significatif en matière de pistes cyclables et d’aménagements urbains, avec moins de 5 % de ses habitants utilisant le vélo comme moyen de transport. La situation reste préoccupante pour les cyclistes de la cité phocéenne, où le respect des infrastructures réservées est souvent négligé.
À Marseille, enfourcher un vélo s’accompagne de risques importants, allant d’accrochages verbaux à des accidents. Selon le Baromètre des villes cyclables en 2025, la ville se classe en dernière position parmi les grandes métropoles françaises. Malgré les récentes rencontres sur le vélo et les mobilités douces, tenues le 11 septembre dernier à la cité Fab, dans le 2ᵉ arrondissement, les défis persistent.
Axel Schoenhenz, président de l’association Ramdam, qui promeut les modes de déplacements alternatifs, témoigne des difficultés rencontrées au quotidien. « Il y a un céder le passage, mais personne ne le respecte », déplore-t-il. Les pistes cyclables, lorsqu’elles existent, sont souvent entravées par des terrasses de cafés ou mal signalées. « C’est un jeu d’équilibriste », ajoute-t-il, en évoquant les obstacles rencontrés sur son trajet.
Les marchés, comme celui de la Joliette, compliquent encore la circulation. « La peinture qui indique la piste cyclable a disparu », souligne Axel. En arrivant aux Terrasses du Port, il note des lacunes dans la communication autour des marquages au sol, ce qui entraîne des confusions entre piétons et cyclistes.
Cette situation est corroborée par Nicolas Hue, conseiller municipal délégué aux mobilités douces, qui évoque un manque de réseaux cyclables structurants. « Les pistes cyclables sont discontinues et le maillage n’est pas encore établi », précise-t-il. La ville est actuellement en phase 1 de son schéma directeur des modes actifs, avec une phase 2 prévue de 2027 à 2032.
Didier Jau, maire écologiste des 4ᵉ et 5ᵉ arrondissements, évoque un objectif ambitieux : « Atteindre 10 % d’habitants cyclistes ». Pour encourager cette transition, l’offre de vélos en libre-service va passer de 1 500 à 4 000 unités d’ici la fin de l’année.
La situation actuelle souligne l’importance d’améliorer les infrastructures cyclables pour favoriser l’utilisation du vélo en milieu urbain.
Source : France 3 Provence-Alpes

