«Malaika», quand Nairobi et Lubumbashi dialoguaient en musique - Des refrains pour l'Histoire

Quand Nairobi et Lubumbashi dialoguaient en musique : « Malaika », un hymne pour l’Histoire

Une chanson emblématique, « Malaika », a traversé les frontières et les décennies pour devenir un symbole de l’unité musicale en Afrique. Cette œuvre, qui a vu le jour dans les années 1960, est le fruit des échanges culturels intenses entre Lubumbashi, Nairobi et Dar es Salaam. C’est à travers cette mélodie que se dessine une époque marquée par des circulations musicales sans précédent, avant que Miriam Makeba ne la fasse connaître à l’échelle mondiale.

En 2005, à Lubumbashi, Édouard Masengo Katiti, un pionnier du style katangais, interprète « Malaika » sur sa guitare sèche, jouée sans médiator. Masengo revendique la paternité de cette chanson, affirmant qu’il l’a présentée à Miriam Makeba, qui l’a ensuite popularisée. L’historien Bogumil Jewsiewicki rapporte que Masengo insistait sur le fait que « Malaika » était sa création, sans jamais prétendre que Makeba lui avait « volé » la chanson.

Trois pays, trois histoires autour de « Malaika »

Cependant, la légende de « Malaika » varie selon les régions. Au Kenya, Fadhili Williams est souvent cité comme le premier à l’avoir enregistrée, tandis qu’en Tanzanie, Adam Salim revendique l’avoir écrite une décennie plus tôt. Ce phénomène illustre la culture urbaine interconnectée entre le Katanga et les villes de l’Afrique de l’Est, où les thèmes musicaux et les paroles circulaient librement malgré les barrières coloniales.

Nairobi, dans les années 1960, est devenue un carrefour musical. Édouard Masengo y a trouvé un marché florissant pour sa musique, enregistrant des jingles publicitaires et des chansons urbaines. Son style de jeu, influencé par le Katanga, a également inspiré de nombreux guitaristes kényans, dont Fadhili Williams.

Avec Miriam Makeba, le succès de « Malaika » change d’échelle

La question demeure : Masengo a-t-il croisé le chemin de Miriam Makeba, alors en exil et engagée contre l’apartheid ? Bien que le mystère persiste, il est probable que Makeba ait entendu « Malaika » dans le répertoire urbain de l’époque et l’ait portée vers une carrière internationale. En 1965, elle reprend la chanson avec Harry Belafonte, transformant cette mélodie d’amour en un hymne pour tout un continent.

La chanson « Malaika » est ainsi devenue un symbole de l’unité et de la résilience des peuples africains, transcendant les frontières et les histoires individuelles.

Source : RFI

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *