Maladie d’Alzheimer : un isoforme de BIN1 toxique identifié
Le laboratoire du Dr Jean Charles Lambert, reconnu pour ses recherches sur la maladie d’Alzheimer, a récemment mis en lumière le rôle de l’isoforme 1 du gène BIN1 dans la neurodégénération. Cette étude souligne l’importance de BIN1, un gène dont la fonction et les effets spécifiques sur la maladie demeurent mal compris.
BIN1 : un gène lié à la maladie d’Alzheimer
Le gène BIN1 est impliqué dans l’endocytose, un processus essentiel pour le bon fonctionnement des neurones. Plus de dix isoformes de ce gène existent chez l’Homme, mais leur rôle dans la maladie d’Alzheimer nécessite des investigations approfondies.
L’équipe du Dr Jean-Charles Lambert, dirigée par le Dr Erwan Lambert, a étudié trois isoformes de BIN1. Les isoformes 1 et 9 sont exprimées dans le cerveau, avec l’isoforme 1 spécifiquement présente dans les neurones, tandis que l’isoforme 8 ne s’exprime pas dans cette région.
Les chercheurs ont utilisé un modèle de drosophile pour analyser les effets de ces isoformes, car les fonctions de BIN1 humain y sont conservées.
Une version de BIN1 nocive pour les neurones
Les résultats montrent que seule l’isoforme 1 de BIN1 altère le fonctionnement des synapses. Les neurones exprimant cette isoforme présentent une perte de leur activité électrophysiologique, indiquant une transmission de l’information moins efficace. Cette perturbation s’accompagne d’une accumulation de vésicules synaptiques, signalant un dysfonctionnement du trafic vésiculaire.
Un mécanisme a été identifié, impliquant la protéine Rab11, qui contribue aux effets toxiques de l’isoforme 1 sur les synapses. L’augmentation de l’activité de Rab11 pourrait prévenir certains défauts de transmission synaptique.
L’étude révèle également que l’isoforme 1 modifie la structure des synapses, avec une augmentation des petits boutons synaptiques et des boutons satellites, indiquant une perturbation des connexions neuronales.
Une découverte ouvrant des pistes thérapeutiques
Ces travaux mettent en évidence la toxicité de l’isoforme 1 de BIN1 sur les synapses, apportant des connaissances cruciales sur les mécanismes moléculaires contribuant à la neurodégénération. Étant donné l’association génétique entre BIN1 et la maladie d’Alzheimer, ces résultats suggèrent qu’un ciblage thérapeutique des différentes isoformes de BIN1 pourrait être une stratégie prometteuse.
Source : Lambert E, Gelle C, et al. « BIN1 gain-of-function in the presynaptic compartment leads to isoform-specific synaptotoxicity. » Alzheimers Res Ther. 2026 Jun 3. doi: 10.1186/s13195-026-02103-7. Epub ahead of print. PMID: 42237143.
