La Chine envisage de restreindre l’accès à ses modèles d’IA les plus avancés
Selon Reuters, le ministère chinois du Commerce a réuni Alibaba, ByteDance et Z.ai le mois dernier pour discuter d’un possible verrouillage des modèles d’IA les plus avancés du pays. L’objectif affiché est d’empêcher que la technologie nationale ne profite, de gré ou de force, à des puissances étrangères.
Cette information, publiée le 7 juillet, pourrait marquer un changement de paradigme dans la guerre de l’IA. Trois sources, sous couvert d’anonymat, ont détaillé à l’agence de presse le contenu d’échanges informels entre les autorités chinoises et les géants locaux du secteur de l’IA.
À l’instar de Washington, qui a récemment ordonné à Anthropic de désactiver certains de ses modèles, la Chine semble désormais considérer ses modèles de pointe comme des actifs stratégiques à protéger, plutôt que comme de simples produits à exporter.
Les discussions portent sur la possibilité de limiter l’accès international aux modèles les plus performants, qu’ils soient propriétaires ou proposés en open-weight. Des modèles comme Qwen (Alibaba), Doubao (ByteDance) et le récent GLM-5.2 de Z.ai se sont imposés à bas coût face aux offres américaines. Le périmètre exact de ces restrictions reste à définir, et il est possible que les mes ne concernent que les futurs modèles.
Une autre piste évoquée lors de ces réunions consiste à qualifier toute fuite ou tout vol de technologie d’IA propriétaire d’infraction relevant de la loi chinoise sur la sécurité nationale. Les autorités envisagent également de restreindre les acteurs autorisés à investir dans les startups d’IA chinoises.
En toile de fond de ces discussions, la crainte que les États-Unis puissent utiliser des technologies comme Mythos, un modèle d’Anthropic réservé aux professionnels de la cybersécurité, contre les intérêts chinois. Cette inquiétude a été exprimée publiquement par Zhou Hongyi, fondateur du géant chinois de la cybersécurité 360, qui a souligné la nécessité pour la Chine de se doter de son propre équivalent.
Ce tour de vis s’inscrit dans une série de décisions prises par Pékin cette année, dont l’annulation forcée du rachat de Manus par Meta en avril. Pour l’heure, ni le ministère du Commerce chinois, ni Alibaba, ByteDance ou Z.ai n’ont communiqué sur cette bascule de doctrine.
Source : Reuters
