« Ma Dalton » jugée plus de trente ans après la découverte d’un corps
Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton », sera jugée à partir de ce mardi par la cour d’assises des Yvelines pour enlèvement, séquestration et meurtre. Cette affaire fait suite à la disparition de Corinne Di Dio, retrouvée démembrée dans une malle flottante sur la Seine, plus de trente ans après les faits. Antonio Marquez Gomez, ancien compagnon de la victime et père de leur fils Romain, est également accusé des mêmes crimes, mais demeure introuvable.
Le corps de Corinne Di Dio a été repêché le 28 juin 1995 dans une caisse métallique dans l’Eure. Son identification a été confirmée en 1997 grâce à des analyses ADN, révélant qu’elle était décapitée et que ses membres avaient été sectionnés. Au total, la victime avait subi quatorze coups de couteau au thorax.
Une rivalité sentimentale entre l’accusée et la victime, notamment autour de la garde de leur fils, a été mise en lumière comme contexte de ce crime. Cependant, en raison d’un manque de preuves, deux non-lieux ont été prononcés, en mars 2000 et avril 2008. D’autres pistes, y compris celle de Jean-Jacques Maurice, un ancien compagnon de Corinne, ont été explorées. Maurice, qui s’est suicidé en prison en 1997, avait des antécédents criminels et nourrissait une rancœur envers la victime après qu’elle ait témoigné contre lui.
En 2012, une révélation inattendue a émergé : lors d’écoutes téléphoniques, une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia a déclaré avoir été témoin, dans sa jeunesse, d’une scène de démembrement. Marie-Thérèse, qui clame son innocence, a été mise en examen et placée en détention provisoire en mai 2023. Son avocate, Me Najwa El Haïté, a souligné que la défense se basera sur l’absence d’éléments nouveaux par rapport aux non-lieux précédents.
Des éléments à charge incluent des cheveux potentiellement appartenant à l’accusée retrouvés dans la malle contenant le corps. Des témoins, y compris Romain, une des filles de l’accusée, et son ex-compagnon, ont également été interrogés dans le cadre de l’instruction.
Marie-Thérèse Garcia, âgée de 79 ans et souffrant de la maladie de Ménière, a mis en avant son état de santé dans le cadre de sa défense. Elle a été décrite par son ex-gendre comme « manipulatrice » et « tordue », en référence au personnage de bande dessinée « Ma Dalton ».
Les parties civiles, quant à elles, espèrent « une victoire contre l’oubli et le cynisme » et sont déterminées à faire triompher la vérité en l’honneur de Corinne, selon leur avocat Me Joseph Cohen-Sabban. Le procès est prévu pour durer deux semaines et demie, avec un verdict attendu le 3 juillet.
Source : Le Dauphiné
