L’Union européenne investit-elle assez dans l’adaptation au réchauffement climatique ?
L’Europe fait face à des défis croissants liés au réchauffement climatique, illustrés par la canicule historique qui a récemment touché plusieurs pays, dont la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Selon l’Organisation météorologique mondiale, le continent se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Christophe Clergeau, eurodéputé socialiste, souligne l’urgence de la situation : « Il y a urgence pour atténuer ce réchauffement. Regardons aussi les océans. Dans le golfe de Gascogne, les océans ont absorbé en un siècle 90 % de la chaleur que nous avons produite. Si les océans craquent, nous serons grillés. »
Adaptation au réchauffement climatique : 70 milliards d’euros d’investissements nécessaires chaque année
La chaleur extrême a eu des conséquences tragiques, entraînant le décès de 62 000 personnes au sein de l’Union européenne en 2024. Pour répondre à cette crise, des investissements de 70 milliards d’euros par an sont jugés nécessaires pour l’adaptation climatique en Europe, selon le Conseil consultatif scientifique européen. Cependant, Christophe Clergeau critique le manque de financement alloué par l’Union européenne à cette cause, notant un recul de l’écologie dans le budget européen au profit de la compétitivité économique.
Yvan Verougstraete, un eurodéputé centriste belge, propose un « New Deal Energy » pour l’Europe, visant à mobiliser des fonds publics pour la rénovation énergétique : « On doit faire un choc d’investissement pour préparer l’avenir. L’Europe devrait être en capacité de générer de la bonne dette, pour isoler nos écoles, nos hôpitaux, nos maisons, investir dans nos capacités de production énergétique. »
Comment financer ces investissements ?
Face à l’endettement de certains États membres, comme la France, la question du financement se pose. Christophe Clergeau suggère la création de nouvelles ressources propres pour l’Union européenne, notamment via des taxes sur les activités nuisibles et les profits des multinationales. Il insiste sur la nécessité de taxer le carbone pour encourager une transition vers des pratiques plus durables. Selon Yvan Verougstraete, les dommages liés au dérèglement climatique coûtent déjà 45 milliards d’euros par an à l’Union européenne.
Un congé climatique pour les salariés victimes d’événements extrêmes ?
La question d’un congé climatique pour les salariés touchés par des événements climatiques extrêmes est également soulevée. En 2024, le gouvernement espagnol a instauré un tel congé après des inondations dévastatrices. « La responsabilité de la société c’est de protéger les victimes des phénomènes climatiques, les plus vulnérables… C’est un changement de paradigme qu’il faut assumer », plaide un représentant du gouvernement.
Un plan européen pour financer la climatisation ?
Enfin, le développement de la climatisation pour faire face aux vagues de chaleur soulève des débats. Le Rassemblement national en France propose d’aider les citoyens à acquérir des systèmes de climatisation. Christophe Clergeau critique cette approche, la qualifiant de « pompiers pyromanes », et avertit que généraliser la climatisation pourrait avoir des conséquences écologiques désastreuses.
L’Union européenne doit donc redoubler d’efforts pour s’adapter au changement climatique, tant en matière d’investissement que de politiques publiques, afin de protéger ses citoyens face à des défis environnementaux de plus en plus pressants.
Source : France 24, LCP, Public Sénat
