L’ONU appelle à la reconstruction en Syrie pour transformer l’espoir en réalité.

Syrie : l’ONU appelle à transformer l’espoir en reconstruction

Syrie : L’ONU appelle à transformer l’espoir en reconstruction

Depuis Damas, par visioconférence, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Syrie, Claudio Cordone, a salué les avancées de la transition politique, notamment les efforts visant à renforcer les institutions de l’État, la réconciliation, la responsabilité et la justice transitionnelle. Il a souligné que le succès de ces initiatives dépendra de la capacité à faire en sorte que tous les Syriens se sentent représentés et puissent participer réellement à l’avenir de leur pays. Cordone a également appelé à un processus constitutionnel « inclusif, transparent et participatif », estimant qu’il était urgent de le lancer en vue des élections prévues à la fin de la transition.

Sur le plan économique, la décision des États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme devrait contribuer à créer des conditions plus favorables à la reprise, à l’investissement et à un engagement international accru. Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a constaté une accélération de la reprise et prévoit une croissance à deux chiffres en 2026. Cependant, la pauvreté généralisée et le retour de l’inflation continuent de peser lourdement sur la population.

Le tableau humanitaire demeure extrêmement difficile. Indrika Ratwatte, représentant le Coordonnateur des secours d’urgence, a décrit une Syrie où les retours s’accélèrent, où la production agricole s’améliore, et où les réseaux d’énergie et de transport commencent à se rétablir. Près de deux millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés sont retournés dans leurs communautés depuis décembre 2024. Toutefois, ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires. Pour de nombreuses familles, cela constitue le début d’une nouvelle épreuve, avec des logements détruits, des écoles et des hôpitaux à réhabiliter, ainsi que des réseaux d’eau insuffisants.

Plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur de la Syrie, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. L’objectif actuel est de garantir des retours sûrs, volontaires et dignes.

À me que les populations rentrent chez elles, les restes explosifs de guerre et les mines représentent une menace croissante. Depuis décembre 2024, près de 1 400 incidents liés aux engins explosifs ont causé plus de 2 400 victimes, dont 865 morts et près de 1 600 blessés. Malgré ces défis, l’ONU a noté des progrès, avec quatre milliards de mètres carrés de terres inspectées en 2025, soit 18 fois plus qu’en 2024.

Les besoins humanitaires dépassent largement les ressources disponibles. Au cours des six premiers mois de 2026, l’ONU et ses partenaires ont assisté en moyenne 2,4 millions de personnes chaque mois. Un financement de 70 millions de dollars a été mobilisé pour soutenir les retours et les interventions humanitaires, mais l’appel humanitaire pour la Syrie n’est financé qu’à 30 %.

Les défis sécuritaires persistent avec des incursions militaires israéliennes dans le sud de la Syrie. Les violences, disparitions et décès en détention continuent également d’être signalés. L’ONU appelle à renforcer les garanties de procès équitable et à instaurer un moratoire sur toutes les exécutions.

Pour les Nations Unies, la priorité est de transformer les signes de reprise en une paix durable. Cela nécessite un financement humanitaire flexible, des solutions durables pour les déplacés et la reconstruction, tout en prévenant un nouvel embrasement régional. « Ce n’est pas le moment de reculer », a déclaré Ratwatte. « C’est le moment d’investir dans la stabilité et le progrès. »

Rola Roukbi, représentante de la société civile, a plaidé pour que les droits des femmes soient au cœur de la reconstruction de la Syrie. Elle a souligné que les femmes, qui ont payé un lourd tribut au conflit, continuent de faire face à des discriminations juridiques et sociales.

Source : ONU

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