À Montpellier, la quête de logement des étudiants devient un parcours du combattant
La rentrée approche à grands pas pour les 85 000 étudiants montpelliérains, et l’angoisse grandit pour ceux qui n’ont toujours pas trouvé de logement, malgré des semaines de recherches. Les agences immobilières sont submergées par les demandes, et les associations peinent à accompagner tous les étudiants en quête d’un toit.
Lilou, étudiante de 18 ans, a connu cette attente insoutenable. Après avoir multiplié les mails et les appels, elle a finalement obtenu un appartement à seulement trois minutes de sa faculté. « Honnêtement, je ne sais même pas combien j’ai envoyé de mails. beaucoup », confie-t-elle. À deux semaines de la rentrée, elle n’avait décroché que deux visites. Sa grand-mère, Alberte De Campo, exprimait son inquiétude : « Ma fille m’a dit, si on ne trouve rien, elle arrête ses études. » Heureusement, la réponse de l’agence a été positive.
Jennyfer Chabot, chargée de location à Montpellier, témoigne de l’émotion qui se lit sur le visage des étudiants et de leurs familles lorsqu’ils trouvent enfin un logement. « Ce n’est pas du cinéma », as-t-elle. Elle constate que la situation ne cesse de se dégrader : « Ça fait quinze ans que je fais ça et tous les ans, c’est de pire en pire. »
Au sein des agences de location, le déséquilibre entre l’offre et la demande est flagrant. « Concrètement, une annonce que je mets en ligne le jour même reçoit jusqu’à 70 mails le lendemain », déclare Chabot. Cela rend difficile la réponse à toutes les demandes, et seuls les dossiers les plus rapides sont retenus pour les visites.
La situation s’explique par un manque d’offres face à une demande en forte hausse. Frédéric Adell, directeur d’Habitat Jeunes à Montpellier, souligne que le nombre d’étudiants a augmenté de 20 % en dix ans, alors que le marché locatif peine à s’adapter. Les prix des logements continuent également de grimper, rendant l’accès à un studio, qui coûte aujourd’hui entre 500 et 600 euros, de plus en plus difficile pour les jeunes.
L’association Habitat Jeunes, qui accompagne les étudiants dans leur recherche de logement, fait face à une demande écrasante : elle gère un parc de 350 logements et reçoit environ 3 000 demandes chaque année.
La situation des étudiants à Montpellier illustre un problème plus large de l’accès au logement dans les grandes villes françaises, où les prix et la demande continuent d’augmenter, sans que l’offre ne suive.
Source : France 3 Régions



