L’isolement diplomatique de l’Arabie saoudite face aux tensions régionales croissantes.

Le splendide isolement de l’Arabie saoudite

Le Splendide Isolement de l’Arabie Saoudite

L’Arabie saoudite a récemment fait preuve d’une incapacité à influencer le cours des événements au Moyen-Orient. Après quatre ans de trêve, les rebelles Houthis du Yémen ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, un passage crucial pour les exportations saoudiennes vers l’Asie, suite à la fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz. De plus, le 10 septembre, une attaque par drones, attribuée à des groupes basés en Irak, a ciblé un oléoduc de 1 200 km, entraînant son arrêt.

Une succession de déconvenues

Cette série de revers en quelques jours illustre le fait que, malgré des alliances médiatisées et des pactes de défense (comme les accords de la Mecque), l’Arabie saoudite se retrouve isolée face à un environnement de plus en plus hostile.

Une guerre mal engagée qui n’en finit pas

Depuis 2015, l’Arabie saoudite s’est engagée dans un conflit contre les Houthis, espérant neutraliser une menace frontalière. Cependant, des divergences d’objectifs avec les Émirats arabes unis, un partenaire de longue date, ont rapidement émergé. Les tensions ont culminé avec le bombardement du port de Mukalla en décembre 2025 et la destruction d’une cargaison d’armes émiriennes.

De la rupture de la trêve de 2022 à la percée éclair dans le sud

L’avancée rapide des Houthis dans des régions éloignées de leurs bases, ainsi que le retrait inattendu des forces gouvernementales de Mokha, soulèvent des questions sur la capacité de ces dernières à résister. Le contrôle de Bab el-Mandeb par les rebelles témoigne d’une situation stratégique préoccupante pour Riyad.

L’insoutenable isolement

L’Arabie saoudite se retrouve isolée, le président américain Donald Trump ayant refusé d’intervenir malgré les demandes de Mohamed Ben Salmane. Les forces turques en Somalie et l’Égypte, traditionnellement concernées par la navigation en mer Rouge, n’ont pas réagi. Les Émirats et les Israéliens, présents dans la corne de l’Afrique, restent également silencieux.

Ce revers pour le prince héritier saoudien souligne la fragilité de son royaume face à un environnement hostile. Les récentes attaques sur le pipeline et la prise de contrôle du détroit par les Houthis peuvent être interprétées comme une réponse audacieuse à l’accord de la Mecque, renforçant la présence iranienne dans la région.

Riyad se trouve dans une position difficile, sans réelle capacité de défense malgré de nombreuses alliances. Si les Houthis continuent d’entraver la navigation dans le détroit, l’Arabie saoudite pourrait être contrainte d’agir militairement pour rétablir l’accès, soulevant des questions sur sa capacité à le faire efficacement.

Source : Axios

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