La santé mentale en Afrique : un défi croissant pour les systèmes de santé publique.

En Afrique, la santé mentale devient un enjeu de santé publique

En Afrique, près de 150 millions de personnes vivraient avec un trouble de santé mentale. Longtemps reléguée à la sphère privée, la santé mentale s’impose désormais comme un enjeu de santé publique majeur. À cela s’ajoute le fléau du suicide, aggravé par les conflits, le chômage et le manque de perspectives.

Contexte factuel

La santé mentale en Afrique est confrontée à des défis considérables. Les données disponibles indiquent une prévalence élevée de troubles mentaux dans plusieurs pays du continent. Par exemple, au Sénégal, une enquête nationale menée en 2023 a révélé que 1,5 % de la population présente des symptômes dépressifs, 9,4 % sont à risque suicidaire, 0,7 % consomment du cannabis, 0,2 % de la cocaïne et 3,7 % souffrent d’épilepsie. (infomed.sn)

En République démocratique du Congo, le ministère de la Santé publique a estimé qu’environ 20 millions de Congolais souffrent de problèmes de santé mentale, avec une couverture sanitaire de seulement 5 %. (radiookapi.net)

La région du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, a enregistré plus de 41 000 cas de personnes affectées par des troubles mentaux au premier semestre 2023. (actualite.cd)

Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis en matière de santé mentale en Afrique, où les ressources et les infrastructures restent limitées.

Données ou statistiques

Selon une analyse des données du Global Burden of Disease (GBD) de 1990 à 2023, la prévalence standardisée par âge des troubles mentaux en Afrique subsaharienne a augmenté de 33,24 %, passant de 11 138,8 à 14 841,0 pour 100 000 habitants. Les troubles anxieux ont connu la plus forte augmentation relative, avec une hausse de 90,99 % de leur prévalence standardisée par âge. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé que l’Afrique subsaharienne enregistre le taux de suicide le plus élevé au monde, avec 11 suicides pour 100 000 habitants, contre 9 sur 100 000 pour le monde. (oecd.org)

Conséquence directe

Ces statistiques soulignent l’urgence de renforcer les systèmes de santé mentale en Afrique, d’intégrer les services de santé mentale dans les soins primaires et généraux, d’élargir la prévention et le traitement des troubles liés à l’usage de substances, et de réduire la stigmatisation associée aux troubles mentaux. (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)

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