En Autriche, un Lidl construit sur le site d’un ancien camp de concentration nazi

Un supermarché Lidl construit sur le site d’un ancien camp de concentration en Autriche

Dans la commune de Leobersdorf, en Basse-Autriche, un projet controversé de construction d’une immense zone commerciale, incluant une filiale de la chaîne de supermarchés Lidl, est en cours sur l’ancien site du camp de concentration de Hirtenberg. Ce camp, établi par les nazis en 1944, a accueilli près de 400 femmes et jeunes filles déportées de Pologne, d’Italie et d’Union soviétique, contraintes au travail forcé dans une usine de munitions voisine.

Le camp a été dissous le 3 avril 1945, alors que l’Armée rouge s’approchait, et les prisonnières ont été transférées au camp de Mauthausen, où plusieurs d’entre elles ont été exécutées durant cette marche forcée. Aujourd’hui, des travaux de fondation pour des entrepôts frigorifiques et logistiques sont en cours sur ce site chargé d’histoire.

La décision de transformer cet ancien camp en zone commerciale a suscité une forte opposition en Autriche. Les critiques soulignent que ce projet reflète une « culture de l’oubli » concernant le passé nazi du pays. Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que des infrastructures commerciales remplacent les mémoriaux et les lieux de mémoire. Des représentants de la communauté juive et des organisations locales ont exprimé leur indignation, qualifiant ce projet de « honte ».

L’édile de Leobersdorf, Andreas Ramharter, a vendu le terrain à un entrepreneur pour plus de 15 millions d’euros, et une clause du contrat de vente pourrait lui rapporter 1,34 million d’euros supplémentaires si certaines parcelles sont reclassées. Bien que le projet ait été largement critiqué, il n’a pas été annulé, car l’Office fédéral des monuments historiques a jugé que les vestiges historiques présents sur le site étaient « insuffisants pour justifier une protection ».

Le groupe Schwarz, propriétaire de Lidl, a réalisé un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros en Autriche en 2025, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente.

Ce projet soulève des questions sur la façon dont la mémoire historique est traitée en Autriche, alors que l’histoire du camp de concentration de Hirtenberg semble être enterrée sous des couches de gravier et de béton.

Source : Wiener Zeitung, Der Falter.

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