Otar Iosseliani : Un hommage au cinéaste asoviétique
Bernard Eisenschitz, historien du cinéma, a réuni dans un ouvrage deux textes inédits en hommage à Otar Iosseliani, un cinéaste géorgien dont l’œuvre a marqué le cinéma des années 1980. Né à Tbilissi en 1934, Iosseliani a choisi le cinéma plutôt que les mathématiques pour éviter de participer à des projets militaires. Sa position « asoviétique » a rendu difficile la diffusion de ses premiers films en Géorgie, mais la perestroïka a permis leur accès au public à la fin des années 1980.
Iosseliani a ensuite émigré en France, où il a trouvé un environnement favorable à son style, souvent comparé à celui de Jacques Tati, mais avec un ancrage plus hédoniste. Ses films, qui mêlent humour et fantaisie, sont caractérisés par une narration non conventionnelle, laissant parfois perplexe quant à leur fil conducteur.
Dans ses œuvres, Iosseliani met en avant des thèmes de fraternisation et de rencontre humaine, tout en soulignant les tensions entre les individus et les puissants. Son approche ironique et tendre des relations humaines se retrouve dans une galerie de portraits qui célèbrent les moments de fête, bien que ceux-ci soient souvent éphémères.
Le coffret intégral de ses films, comprenant vingt et un titres, est disponible avec un livre qui offre un aperçu de sa vision cinématographique. Ce projet met en lumière une œuvre à la fois désespérée et utopiste, révélant la richesse de la contribution d’Iosseliani au cinéma mondial.
Source : Le Monde diplomatique, février 2026.
