Prédire les faillites avec l’IA : un bilan à mi-parcours
Une projection réalisée fin 2025 anticipait pour 2026 un maintien des faillites à un niveau particulièrement élevé en France et en Belgique. Les données du premier semestre semblent lui donner raison.
L’intelligence artificielle prédictive est souvent confrontée à des critiques concernant sa fiabilité. Lorsqu’une prévision se révèle fausse, le modèle est jugé défaillant. À l’inverse, une prévision correcte est souvent présentée comme une preuve de supériorité technologique. Ces réactions sont excessives, car une prévision économique est une estimation probabiliste fondée sur des données disponibles à un moment donné, dans un environnement susceptible d’évoluer.
Le retour d’expérience présenté ici porte sur une projection effectuée en novembre 2025 concernant les procédures collectives en France et les faillites en Belgique pour l’année 2026. Six mois de données permettent désormais d’en effectuer une première évaluation.
Une prévision plus pessimiste que le scénario de référence
À la fin de 2025, plusieurs scénarios envisageaient une stabilisation ou une décrue des défaillances d’entreprises en 2026. Cependant, une projection basée sur un modèle d’intelligence artificielle anticipait 69 200 procédures collectives en France et 12 300 faillites en Belgique. En comparaison, une prévision d’Allianz Research avançait environ 65 500 défaillances en France et 10 950 en Belgique, indiquant deux interprétations différentes de la conjoncture.
Les données du premier semestre 2026 permettent aujourd’hui de confronter ces scénarios à la réalité observée.
France : un niveau qui ne montre pas encore de véritable décrue
Entre janvier et juin 2026, la France a enregistré 36 636 procédures collectives, incluant sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires. Ce chiffre représente une hausse de 4,1 % par rapport à la même période de 2025 et reste très supérieur au niveau observé avant la crise sanitaire. Les professionnels du secteur estiment désormais qu’un total annuel pourrait approcher les 70 000 procédures.
La projection initiale de 69 200 semble donc cohérente avec l’ordre de grandeur envisagé. Une simple annualisation du premier semestre donnerait 73 272 procédures, mais ce calcul ne peut pas être considéré comme une prévision fiable à lui seul, car les procédures collectives ne se répartissent pas uniformément au cours de l’année.
Belgique : une trajectoire semestrielle proche de la projection annuelle
La Belgique a enregistré 6 267 faillites au premier semestre 2026, le niveau le plus élevé pour cette période. Une simple annualisation de ce chiffre conduirait à 12 534 faillites, tandis que la projection de fin 2025 était de 12 300, ce qui représente un écart de 234 dossiers, soit environ 1,9 %. Cependant, il convient de noter que cette comparaison doit être interprétée avec prudence, car le chiffre de 12 534 n’est pas le résultat définitif de 2026.
Conclusion
À la date du 15 juillet 2026, il apparaît que le scénario d’un maintien des faillites à un niveau élevé est plus cohérent avec les données disponibles que celui d’une décrue rapide. Les projections de 69 200 procédures en France et de 12 300 faillites en Belgique se situent dans un ordre de grandeur proche des trajectoires actuellement observées. Toutefois, ces résultats ne permettent pas de conclure à une précision définitive du modèle, nécessitant une observation répétée pour valider sa fiabilité.
Source : Journal du Net
