L’IA pourrait financer les retraites en France selon une étude récente.

Faire cotiser l’IA pour financer nos retraites

Faire cotiser l’IA pour financer nos retraites

Avec le retour du budget et l’approche des élections présidentielles, la question des retraites est à nouveau au cœur des débats. Les sujets habituels tels que l’âge de départ, la durée de cotisation et le niveau des pensions sont remis sur la table. Toutefois, un nouvel élément pourrait revitaliser cette discussion : le concept de « dividende IA ».

Le système de répartition des retraites en France repose sur des cotisations basées sur la masse salariale. Ce modèle fonctionne tant que la valeur produite est liée au travail salarié. Cependant, avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA), ce lien est mis à mal. En automatisant certaines tâches, l’IA réduit la part du travail dans la valeur ajoutée, ce qui menace la viabilité du système de retraites. La valeur continue d’exister, mais l’assiette de financement se tarit.

La question de l’IA a souvent laissé les décideurs politiques dans l’incertitude. Au cours des dernières années, des sommets ont été organisés pour aborder la souveraineté technologique, mais les enjeux relatifs au travail et à la répartition des bénéfices sont restés en dehors des discussions. Selon des projections, d’ici 2030, jusqu’à 30 % des heures travaillées pourraient être automatisables par l’IA, tandis que 62 % des emplois dans les économies avancées sont jugés exposés à cette automatisation.

Pour répondre à cette situation, l’idée de « dividende IA » émerge. Ce mécanisme devrait devenir un principe légal, obligatoire et harmonisé pour toutes les entreprises. Il s’activerait lorsqu’un déploiement d’IA réduit la part du travail dans la valeur ajoutée sans une diminution correspondante de l’activité. Les bénéfices ainsi générés pourraient être redistribués sous forme de salaires ou de formations, et une part pourrait être affectée directement au financement des retraites.

Cette proposition nécessite une réflexion approfondie et s’inscrit dans un cadre plus large de réforme. Alors que la part des salaires dans la valeur ajoutée demeure élevée en France, et que la législation sur l’IA au travail est encore à définir, il est crucial de repenser le système économique et social face aux bouleversements technologiques.

La régulation des plateformes numériques a mis deux décennies à émerger. Dans le domaine de l’IA et de la redistribution des gains, le temps presse. L’inaction politique a souvent favorisé l’accumulation de la productivité au détriment des travailleurs. À l’approche des élections, il est impératif d’affirmer une nouvelle voie qui préserve les principes de solidarité tout en s’adaptant aux évolutions technologiques.

Source : Nouvel Observateur

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