L’essentiel des météorites proviendraient de trois familles d’astéroïdes
La Terre est continuellement bombardée par des corps célestes, dont plusieurs dizaines de tonnes atteignent notre planète chaque jour, principalement sous forme de poussière. Les météorites, quant à elles, sont des fragments qui parviennent à la surface sans être entièrement détruits. En France, le réseau Fripon, qui regroupe une centaine de caméras, surveille le ciel en permanence pour détecter les météorites suffisamment grandes pour produire un signal lumineux. En moyenne, trois chutes de météorites sont observées chaque année dans l’Hexagone, correspondant à environ 5 à 6 météorites. À l’échelle mondiale, on estime qu’environ 5 000 météorites tombent sur Terre chaque année.
La diversité des météorites est importante, car elle fournit des informations sur l’histoire du Système solaire. Deux météorites ayant la même composition proviennent probablement d’un même corps parent. Les achondrites, une classe de météorites, émanent de corps différenciés tels que Mars, la Lune et Vesta, le deuxième plus gros astéroïde de la ceinture principale. Actuellement, environ 6 à 7 % des météorites ont pu être reliées à ces sources.
Les chondrites, qui proviennent de corps non différenciés, sont classées en trois catégories selon leur teneur en fer : H, L et LL. Chaque catégorie pourrait correspondre à une unique famille d’astéroïdes. En effet, les astéroïdes dans la ceinture principale se regroupent en familles, partageant des caractéristiques orbitales similaires. Près d’une centaine de familles ont été identifiées, certaines datant de plusieurs milliards d’années.
Pour dater ces familles, les chercheurs utilisent des méthodes comme l’analyse des trajectoires des objets ou l’effet Yarkovsky, qui se base sur le rayonnement thermique du soleil. Les résultats montrent que trois familles d’astéroïdes, Karin, Koronis et Massalia, sont à l’origine de la majorité des chutes de météorites. Karin et Koronis, issues d’une même famille vieille de 2 milliards d’années, sont responsables des chondrites H, représentant environ 34 % des chutes. Massalia, quant à elle, serait la source des chondrites L, correspondant à 36 % des météorites collectées.
Les familles jeunes, comme Karin et Koronis, produisent de nombreux débris qui enrichissent le Système solaire en météorites, tandis que des familles plus anciennes comme Flora continuent également de contribuer à ce flux.
En somme, une avancée significative a été réalisée dans l’identification des origines des météorites, avec près de 90 % d’entre elles désormais attribuées à des familles spécifiques. Les recherches se poursuivent, notamment grâce à l’observatoire Vera-Rubin, qui permettra de découvrir de nouvelles classes de météorites.
Source : Pour la Science
