L’extension du conflit au Moyen-Orient fait de nouveau franchir ce cap au baril de pétrole

L’extension du conflit au Moyen-Orient fait franchir le cap des 100 dollars le baril de pétrole

Le seuil symbolique des 100 dollars le baril a de nouveau été dépassé ce jeudi 23 juillet, en raison de l’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge. Cette situation ravive les craintes d’un choc inflationniste et impacte les marchés d’actions mondiaux.

Le prix du pétrole Brent, référence mondiale du brut, a franchi cette barre pour la première fois depuis fin mai. Selon Soojin Kim, analyste pour MUFG, cette hausse est liée aux attaques des Houthis, qui accentuent les risques sur les routes d’approvisionnement de la mer Rouge. Les rebelles houthis du Yémen ont annoncé un blocus des ports saoudiens et revendiqué une opération militaire contre deux pétroliers saoudiens ayant violé ce blocus, ouvrant ainsi un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.

La circulation maritime via la mer Rouge est devenue cruciale pour l’Arabie saoudite, qui a considérablement augmenté ses exportations de pétrole via le port de Yanbu, sur la côte ouest, pour contourner le blocage iranien du détroit d’Ormuz.

En réponse à cette situation, le gouvernement français a annoncé le report de la date limite pour formuler une demande d’aide aux carburants d’un montant de 100 euros. Les gros rouleurs ont désormais jusqu’à fin août, au lieu de fin juillet initialement prévu, pour faire leur demande. À ce jour, 1,2 million de personnes ont déjà sollicité cette aide, dont près de 970 000 ont reçu des paiements, selon le ministère de l’Économie.

Cette flambée des prix du pétrole, avec un baril à 100 dollars, alimente les craintes d’un choc inflationniste, comme le montrent les taux d’emprunt des États européens. Les taux d’emprunt pour la France à 10 ans ont brièvement franchi le seuil de 4 % jeudi, pour la première fois depuis juin 2009, avant de redescendre à 3,99 %.

Les investisseurs étaient initialement confiants quant à la possibilité de réorganiser les routes maritimes et de limiter les perturbations géographiques. Toutefois, la perturbation d’un second point de passage stratégique complique cette hypothèse. De plus, les actions de l’Iran contre des navires dans le détroit d’Ormuz et les frappes américaines continuent d’alimenter les tensions, rendant peu probables les pourparlers de paix à court terme.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a qualifié d’« alarmante » l’extension du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge et a averti que les conséquences inflationnistes complètes du récent choc énergétique ne s’étaient pas encore pleinement matérialisées.

Source : HuffPost

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