L'État veut vendre 25% de son parc immobilier d'ici à 2032: le Parlement adopte la création d'une nouvelle foncière publique, chargée de gérer ces bâtiments qui représentent 96 millions de m2

L’État adopte la création d’une foncière publique pour gérer son parc immobilier

Le Parlement français a voté, mardi soir, la création d’une nouvelle foncière publique destinée à gérer un patrimoine immobilier de 96 millions de mètres carrés, évalué à environ 74 milliards d’euros. Ce projet, qui vise à réduire de 25% la taille du parc immobilier de l’État d’ici 2032, a été adopté à 276 voix contre 86.

Cette foncière sera responsable de la location, de la vente et de l’acquisition de biens immobiliers, permettant ainsi de mieux rentabiliser un patrimoine souvent jugé vétuste. Elle remplacera l’Agence de gestion de l’immobilier de l’État (l’Agile) et prendra la forme d’un établissement public national à caractère industriel et commercial (Epic). Les biens concernés incluent des locaux administratifs, des bureaux, des logements, ainsi que des casernes pour la police et les pompiers.

L’État est propriétaire d’environ 192.550 bâtiments, dont 23 millions de mètres carrés de bureaux. Il doit également faire face à des dépenses annuelles de plus de 9 milliards d’euros pour la gestion de son patrimoine. Le rapport de la Cour des comptes de 2023 souligne que ce parc immobilier représente une valeur totale d’environ 74 milliards d’euros, comprenant également plus de 42.000 km² de terrains non bâtis.

Le projet a suscité des débats au sein de l’Assemblée nationale, avec des soutiens allant du Rassemblement national aux socialistes. Toutefois, certains groupes de gauche ont exprimé des inquiétudes quant à un possible démantèlement du patrimoine public. La députée LFI Shéhérazade Bentorki a mis en garde contre l’introduction de logiques de marché, arguant que cela pourrait entraîner des réductions de surfaces et de services.

En réponse, la députée socialiste Sophie Pantel a souligné les garanties obtenues dans le cadre du texte, notamment la préservation de la qualité des services publics et des conditions de travail des agents.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte où l’État fait face à un « mur d’investissement » estimé entre 140 et 150 milliards d’euros d’ici 2050, selon le ministre des Comptes publics, David Amiel.

Source : BFM TV, La Tribune.

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