L’Espagne désigne Yolanda Díaz comme candidate à la tête de l’OIT
MADRID – Le Premier ministre Pedro Sánchez a officiellement proposé jeudi la candidature de Yolanda Díaz, deuxième vice-Première ministre et ministre du Travail, à la direction de l’Organisation internationale du travail (OIT). Díaz souhaite succéder à Gilbert F. Houngbo, l’actuel directeur général de l’organisation, originaire du Togo, qui siège à Genève.
Sánchez a déclaré sur les réseaux sociaux : « Pour la première fois, une femme et notre pays seraient à la tête de cette institution fondamentale pour la défense du travail décent et de la justice sociale. » Il a également souligné l’engagement de Díaz en faveur des droits du travail et du dialogue social, affirmant qu’elle était une candidate de choix.
Cette annonce intervient dans un contexte de relations tendues entre Sánchez et Díaz, qui dirige la coalition de gauche Sumar. En effet, Díaz a critiqué à plusieurs reprises les réformes sociales du gouvernement et a exprimé des préoccupations concernant des scandales de corruption touchant des membres de l’entourage de Sánchez.
En février dernier, Díaz avait indiqué qu’elle ne se représenterait pas à la tête du groupe Sumar lors des élections de 2027, laissant planer des doutes sur son avenir politique en Espagne. Elle a récemment intensifié ses activités internationales, avec des visites en Suisse, en Finlande, aux États-Unis et en Chine, ainsi qu’une participation à la conférence de l’OIT à Genève.
Lors de la dernière session de l’OIT en juin, Díaz a mis en lumière une crise financière majeure que traverse l’organisation, exacerbée par le retrait du soutien des États-Unis aux institutions multilatérales. Elle a déclaré : « L’OIT est en crise, et cela est grave car c’est son mandat même qui est en jeu. » Elle a également insisté sur l’importance de l’OIT dans la construction d’une civilisation mondiale du travail.
Source : El País, Euractiv, RTVE.
