Les scientifiques du Jungfraujoch alertent sur les PFAS libérés par les climatiseurs de voitures

Hausse inquiétante des fluides frigorigènes au Jungfraujoch

Des scientifiques de la station de me du Jungfraujoch alertent sur une augmentation préoccupante des traces de nouveaux fluides frigorigènes dans l’air, provenant principalement des systèmes de climatisation automobile. Ces fluides, qui se dégradent en acide trifluoroacétique (TFA), un polluant persistant de la famille des PFAS, soulèvent des inquiétudes quant à leur impact environnemental.

Le Jungfraujoch, site de recherche établi sur le rocher du Sphinx, est reconnu comme l’un des laboratoires les plus élevés d’Europe et sert de système d’alerte précoce pour détecter l’apparition de nouveaux polluants. Grâce à ses mes précises, les scientifiques peuvent identifier l’origine des substances, qui proviennent parfois de pays voisins comme la France ou l’Allemagne, mais souvent des systèmes de climatisation utilisés par des millions d’automobilistes.

Fluides frigorigènes HFO

Les nouveaux fluides frigorigènes, appelés hydrofluoroléfines (HFO), ont été conçus pour remplacer les anciens fluides nocifs, tels que les CFC. Bien que ces nouveaux fluides ne détruisent pas la couche d’ozone, leur décomposition dans l’atmosphère génère du TFA, qui ne se dégrade pas et se retrouve dans l’environnement par le biais des eaux de pluie. Stefan Reimann, chimiste de l’atmosphère au Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), souligne que le TFA est désormais considéré comme toxique pour la reproduction, selon une recommandation récente de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Contexte et évolution

Au Jungfraujoch, les concentrations de HFO mesurées étaient jusqu’à présent faibles, mais cette situation évolue. Depuis une décennie, les constructeurs automobiles sont tenus d’utiliser ces nouveaux fluides, et environ la moitié des véhicules en Suisse en sont équipés. Bien que l’intention derrière leur développement soit de protéger le climat, cela a engendré une nouvelle forme de pollution.

Conséquences

Le changement climatique est manifeste au Jungfraujoch, où la fonte des glaciers est un problème visible. Cependant, les effets des nouveaux fluides frigorigènes restent discrets. En plaine, la demande croissante de climatisation exacerbe le problème, même dans des zones comme le Palais de glace du Jungfraujoch, où des systèmes de refroidissement sont nécessaires pour maintenir la glace face à la chaleur générée par le tourisme.

Les instruments de me détectent ces polluants, même dans l’air pur des hauteurs, soulignant les contradictions entre la recherche de confort thermique et la préservation de l’environnement.

Source : Swissinfo

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