« On laisse les gens à leur misère » : associations et mendiants dénoncent l’arrêté de trouble à l’ordre public à Avignon
L’arrêté de la ville d’Avignon voté le 31 juillet dernier continue de susciter des tensions. Présentée comme une « réglementation des activités constituant un trouble à l’ordre public », cette décision est dénoncée par des sans-abri et des associations qui la qualifient d' »anti-mendicité ».
Depuis le 3 août, un arrêté interdit l’occupation prolongée des rues et jardins intramuros, en vigueur du 1ᵉʳ mai au 31 octobre. Le maire d’Avignon, Olivier Galzi, a affirmé vouloir mettre fin à ce qu’il appelle la « cour des miracles ». L’opposition, notamment communiste, critique cette me, la considérant comme une atteinte aux droits des plus vulnérables.
À proximité de la gare, Patrick, un sans-abri, témoigne : « On m’a déjà ennuyé en journée. On m’a dit de venir ici, c’est plus souple. » Gaspard, un autre SDF, indique n’avoir jamais été dérangé par la police, ce qui met en lumière des traitements disparates selon les zones de la ville. Selon eux, l’arrêté cible spécifiquement l’hypercentre, où la présence de personnes en état d’ivresse est jugée gênante pour le tourisme.
Marianne, une mendiante, regrette que cette décision ne fasse qu’aggraver la situation : « On ne peut pas laisser les gens à leur misère. »
Le Secours populaire, qui distribue chaque dimanche 180 colis alimentaires, s’inquiète des conséquences de cet arrêté sur ses actions. Son secrétaire général en Vaucluse, Alain Duclos, souligne : « Comment va-t-on poursuivre cette mission essentielle ? L’arrêté vise à disperser ces gens-là, mais notre rôle est de les aider à traiter leurs addictions. »
En réponse, la Fédération des acteurs de la solidarité PACA a demandé la suppression de l’arrêté et a proposé une réunion pour travailler ensemble sur des solutions. La Ligue des droits de l’Homme envisage également des recours juridiques.
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les collectivités locales en matière de gestion de la pauvreté et de la mendicité, et soulève des questions sur la manière dont les politiques publiques peuvent répondre à ces enjeux complexes.
Source : ici.fr



