Corps et réseaux sociaux. La fabrique ordinaire du mal-être

Corps et réseaux sociaux : la fabrique ordinaire du mal-être

Alors que le débat public se concentre sur les dérives les plus visibles des réseaux sociaux, telles que le cyberharcèlement et la désinformation, une transformation moins évidente mais tout aussi impactante se produit. Cette transformation concerne la répétition et la mise en visibilité algorithmique de contenus ordinaires et socialement valorisés qui, au quotidien, façonnent les normes corporelles et engendrent des effets délétères sur la santé. La lutte contre cette « toxicité invisible », explorée par la Fondation APRIL et la Fondation Jean-Jaurès, nécessite des réponses claires en matière de santé publique et soulève des enjeux sociétaux.

Depuis 2023, la Fondation APRIL mobilise les sciences comportementales pour mieux comprendre les comportements de santé des jeunes de 18 à 25 ans. Cette initiative inclut une revue de littérature scientifique, une ethnographie numérique, une enquête quantitative réalisée par l’Ifop auprès de 2 000 jeunes, ainsi que des entretiens avec des experts. L’ethnographie a particulièrement ciblé les plateformes comme TikTok, Instagram et Snapchat, qui sont largement utilisées par les jeunes.

Les résultats de cette étude révèlent que les jeunes sont exposés à des contenus qui renforcent des normes de beauté irréalistes et des standards de performance. Cette exposition continue peut conduire à des problèmes de santé mentale, notamment l’anxiété et la dépression, en raison de la pression sociale pour atteindre des idéaux souvent inaccessibles.

Cette « toxicité invisible » soulève des questions cruciales sur la régulation des contenus sur les réseaux sociaux et la nécessité de réhabiliter des représentations corporelles plus diversifiées et saines. Les conclusions de cette étude mettent en lumière l’importance d’un changement de paradigme dans la manière dont les jeunes interagissent avec les médias numériques.

Sources : Fondation APRIL, Fondation Jean-Jaurès.

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